La Quinzaine nordique n°135

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGPays à risque. Selon le dernier classement de l’ONG américaine « Fund for Peace (FFP) » des pays à risque qui se fonde sur plusieurs critères comme la pression démographique, la fuite des cerveaux, la légitimité étatique, la cohésion sociale, les inégalités, le niveau de pauvreté, les politiques économiques et sociales, la qualité des services publics, la criminalité, la corruption et les cycles de violence, la zone nordique est l’aire géographique la plus stable au monde. En conséquence, les pays nordiques occupent les dernières places de ce classement. Sur les 178 pays étudiés (classement inversé), la Finlande est 178ème et bénéficie même d’une distinction en étant le seul pays dans la catégorie « very sustainable », la Norvège est 177ème et la Suisse 176ème. Le Danemark occupe le 175ème rang devant la Suède (174ème) tandis que l’Islande se classe à la 171ème place. La France est pour sa part 159ème.

JPEG

Impôts sur les sociétés. Le taux de l’IS nordique est particulièrement homogène entre les pays de la zone puisqu’il oscille entre 20% en Finlande et en Islande, 22% au Danemark et en Suède et enfin 24% en Norvège. Il se situe également dans la moyenne européenne (taux moyen 22,1% pour l’UE) et est inférieur à la moyenne de l’OCDE (24,9% en moyenne).

Marques nordiques. Le cabinet Brand Finance, spécialiste de l’évaluation des marques de renommée internationale et de leur valeur, considère que les marques nordiques bénéficiant de le plus forte valorisation et de la plus grande notoriété sont les suédoises IKEA (24,1 MdsUSD, soit 43ème à l’échelle mondiale) et H&M (19,2 MdsUSD). Elles sont suivies par la norvégienne Statoil (7,6 MdsUSD). Dans le top 10, on trouve dans l’ordre décroissant la danoise Lego (7,6 MdsUSD) et la norvégienne Telenor (7,2 MdsUSD) puis les suédoises Nordea (5,6 MdsUSD) et Ericsson (5 MdsUSD). La finlandaise Nokia (4,9 MdsUSD) occupe la 8ème place devant la suédoise Telia (4,6 MdsUSD) et la danoise Arla (3,7 MdsUSD).

Blockchain. Les trois banques nordiques SEB, Danske bank et Nordea ont participé à une levée de fonds de 107 MUSD dans la Blockchain développée par la Fintech R3 qui crée des applications commerciales à partir de la technologie sous-jacente au Bitcoin avec un registre international afin de réduire au strict minimum les transactions financières (ventes fiduciaires et d’actions, notamment). Si certains acteurs américains (Goldman Sachs, Morgan Stanley,…) ont récemment quitté le consortium qui finance le développement de cette technologie, une centaine d’acteurs continuent à soutenir le projet, dont plusieurs grandes banques françaises.

Danemark

Commerce extérieur. Selon l’Institut danois des statistiques (Danmarks Statistik), les exportations de marchandises au T1 ont connu une faible croissance (+0,1%) avec deux baisses consécutives en janvier et février avant une embellie en mars (+1,2%). Les importations ont diminué de 0,7% au T1, principalement dans les secteurs de l’agroalimentaire et des produits manufacturés. L’excédent commercial pour le premier trimestre 2017 s’élève à 18,9 MdsDKK (2,6 Mds€). La confédération des industries danoises (Dansk Industri) se félicite de ces résultats ainsi que de la progression des exportations amorcée fin 2016. D’après ces estimations, les exportations devraient atteindre en 2017 leur meilleur niveau depuis 2011, avec une croissance de 4,5%. Selon la Confédération, ceci s’explique en partie par le résultat des élections en France et au Pays-Bas, qui ont réduit l’incertitude économique et politique en Europe. Kent Damsgaard, directeur-adjoint de DI, rappelle toutefois que les tendances protectionnistes de l’administration Trump ainsi que les négociations du Brexit inquiètent les entreprises danoises qui y voient un risque d’accès plus restreint à des marchés importants pour les exportations danoises.

Accord d’exportation. Après plus de 10 ans de négociations, le Danemark a conclu un accord avec la Chine pour exporter des produits issus de l’industrie porcine soumis à un traitement thermique. Aujourd’hui, le Danemark exporte de grandes quantités de viande de porc congelée et de sous-produits en Chine. À court terme, le nouvel accord permettra une augmentation des exportations danoises à hauteur de 250 MDKK (34 M€) par an. La Confédération des industries danoises (Dansk Industri) prévoit en outre que cet accord pourrait entraîner une augmentation globale des exportations de produits agroalimentaires danois en Chine.

Échanges bilatéraux. Selon les derniers chiffres trimestriels des Douanes françaises, les échanges entre la France et le Danemark au premier trimestre sont en baisse par rapport au trimestre précédent pour un total de 1,3 Md€ (-2,9%). Les exportations vers le Danemark ont baissé de 6,8% tandis que les importations ont augmenté de 0,9%. Le solde commercial est déficitaire au T1 (-2 M€).

Retraites.
Le Premier ministre, Lars Løkke Rasmussen, a décidé de retirer du « plan économie 2025 » la proposition visant à augmenter l’âge du départ à la retraite de 67 ans à 67,5 ans, faute de majorité au Parlement. Cette proposition devait maintenir 60 000 personnes supplémentaires sur le marché du travail en 2025. Les résistances proviennent majoritairement du parti social-démocrate (Socialdemokratiet) et du parti du peuple danois (Dansk Folkeparti).

Nouvelle route de la soie. La société d’ingénierie Cowi a été choisie, avec l’australien Smec et des consultants locaux, pour conseiller ainsi que veiller à la conception et la construction du tunnel Karnaphuli au Bangladesh. Ce projet d’une valeur de 3,5 MdsDKK (469 M€) fait partie de l’initiative Belt and Road, l’investissement en infrastructures le plus important et le plus vaste au monde, reliant la Chine à l’Europe et à l’Afrique. Cowi a par ailleurs participé au sommet Belt and Road Forum à Beijing aux côtés de l’envoyée spéciale du Premier ministre, Mme Karen Ellemann (Ministre de la Parité et de la Coopération nordique) et des entreprises Mærsk et Vestas.

Taxes foncières. Un nouvel accord politique sur les taxes foncières a été conclu permettant aux propriétaires de rester dans leur logement malgré une augmentation de la valeur de la propriété et donc des impôts fonciers. Le coût de l’accord est de 19,2 MdsDKK (2,6 Mds€) sur la période 2018-2025. Avec le nouveau système, qui entrera en vigueur en 2021, la taxe sur la valeur immobilière sera réduite à 0,55 % de la valeur du bien jusqu’à 6 MDKK (0,8 M€) et à 1,4 % de la valeur du bien au-delà de ce montant. Avec le système actuel, les propriétaires payent 1% de la valeur du bien jusqu’à 3 MDKK (0,4 M€) et 3% de la valeur dépassant les 3 MDKK. Le taux maximal pour la taxe sur la valeur du terrain sera réduit de 34 à 30 pour mille en 2021 et les augmentations de cette taxe seront obligatoirement gelées de 2018 à 2020, signifiant qu’elles ne seront payées que lorsque le bien immobilier est vendu (0% de taux d’intérêt). De même, à partir de 2021, les augmentations de la taxe sur la valeur de l’immobilier ainsi que la taxe sur la valeur du terrain pourront être reportées, grâce à une hypothèque, jusqu’au changement de propriétaire (avec un taux d’intérêt de 1,24%). À partir de 2021, les personnes possédant un bien immobilier bénéficieront d’un « rabais fiscal » signifiant qu’ils payeront la même somme totale en taxes foncières qu’ils payent en 2020, jusqu’à ce qu’ils vendent leur propriété.

Numérique. Le ministère des Affaires étrangères danois a nommé, le 25 mai, le premier « ambassadeur numérique » du pays. Il s’agit de M. Casper Klynge, actuel ambassadeur danois en Indonésie, qui a déjà été très impliqué par le passé dans le développement de la numérisation au Danemark. L’objectif d’une telle nomination est de renforcer les liens du Danemark avec les « nouvelles nations », que sont les géants du secteur (Apple, Facebook, Google, Amazon, etc.), au travers d’une « Tech Diplomacy ».

Politique de pêche. L’ensemble des partis du parlement danois (Folketing) ont conclu un accord visant à assurer l’avenir de la pêche et de l’aquaculture danoises. De 2018 à 2020, 972 MDKK (130 M€) – dont 70% proviendront des fonds de l’UE – seront consacrés à des régimes d’aide pour le développement de la pêche et de l’aquaculture. L’accord devrait permettre de renforcer entre autres la pêche côtière, les investissements et l’innovation des pêcheurs, l’utilisation durable des ressources et la formation des jeunes pêcheurs.

Biogaz. Le fonds d’investissement anglais Pioneer Point Partners va investir 1 MdDKK (134 M€) dans les 18 prochains mois dans 15-20 nouveaux digesteurs danois. Ces digesteurs seront installés dans des exploitations agricoles et auront une capacité moyenne de production de près de 5 millions m3 de gaz annuellement. Les agriculteurs danois seront copropriétaires des installations et détiendront une participation de 40%, tandis que le fonds d’investissement détiendra 60%. La production danoise de biogaz est actuellement en pleine croissance et devrait croître de 30% cette année selon les prévisions de l’Agence de l’énergie (Energistyrelsen). Cette dernière estime également que la production de biogaz aura plus que triplé sur la période 2012-2020, grâce aux subventions prévues par le plan énergie de 2012. La société Nature Energy, qui possède déjà quatre grandes installations biogaz au Danemark, prévoit aussi d’établir plusieurs digesteurs sur ces prochaines années pour pouvoir potentiellement produire 250 m3 de biogaz par an – ce qui correspond à un dixième de la consommation de gaz actuelle au Danemark.

Ratification de la convention de Hong Kong. Le parlement danois a décidé, en suivant notamment l’exemple de la France, de ratifier la convention de Hong Kong sur le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

Finlande

Conjoncture économique. Selon les premières estimations de l’Institut finlandais de la statistique, la croissance du premier trimestre 2017 aurait été de +1,6 % (t/t). En glissement annuel, cette croissance s’établirait à +2,8 %. Les données préliminaires des douanes finlandaises signalent une hausse significative des exportations pour les trois premiers mois de 2017 (+14 % en mars 2017 par rapport au même mois de l’année passée). De la même façon, les ventes au détail (+1,9 % au T1 en glissement annuel) ainsi que la hausse de la production dans le secteur de la construction (+12 % au T1 en glissement annuel) suggèrent une demande intérieure dynamique.

Réformes du marché du travail. Le gouvernement a récemment annoncé de nouvelles mesures visant à réformer le marché du travail finlandais et « activer » les demandeurs d’emploi. Le mécanisme de sanction d’un demandeur d’emploi en cas de manquement à ses obligations devrait être renforcé et systématisé. Selon le projet de loi, le demandeur d’emploi aurait pour obligation de poser sa candidature pour en moyenne un emploi par semaine, soit douze sur trois mois, sous peine de voir son allocation gelée pendant 60 jours. Les plans personnalisés d’accès à l’emploi et les entretiens que conduisent actuellement les agences locales pour l’emploi seraient par ailleurs supprimés pour le moment. Ces agences devraient en effet disparaître d’ici à 2019 et leurs responsabilités seraient confiées aux régions créées dans le cadre de de la réforme territoriale actuellement en cours de discussion. Ce projet de loi, qui a déjà fait l’objet de nombreuses critiques de la part de syndicats de salariés, a été diffusé pour commentaires et devrait ensuite être présenté au Parlement. Parallèlement, le gouvernement a déposé devant le Parlement un projet de loi concernant les demandeurs d’emploi de longue durée. Selon ce projet, huit collectivités locales auraient la possibilité d’exercer les responsabilités en matière d’emploi à la place des agences pour l’emploi, en attendant le transfert définitif de ces compétences aux régions en 2019. Cette période-test prévue pour un an et demi devrait notamment permettre à ces collectivités d’expérimenter un système de contrats aidés qui, selon la disponibilité des offres, conduirait les chômeurs de longue durée à exercer un travail pour une entité privée ou publique. Cette activité professionnelle, prévue pour 6 mois maximum et pour une durée hebdomadaire ne pouvant dépasser 40h, serait rémunérée par la collectivité ayant mis à disposition le demandeur d’emploi. Le chômeur bénéficierait alors de son allocation chômage habituelle ainsi que de 9€ supplémentaires/jour. De leur côté, les municipalités bénéficieraient aussi d’une aide, équivalente à 10,09€/jour/personne participant à l’essai. Selon les premières estimations, ce dispositif concernerait 2 700 chômeurs de longue durée relevant de ces huit collectivités locales.

Marché du gaz.
Le gouvernement vient de présenter au Parlement un projet de loi visant à réformer le marché finlandais du gaz naturel d’ici à 2020. Ce projet prévoit la séparation des activités de production et de distribution de gaz, en conformité avec la directive européenne sur le marché intérieur du gaz naturel. Ce projet devrait permettre l’ouverture du marché du gaz à de nouveaux fournisseurs nationaux et européens, faisant ainsi voie à la diversification des sources d’approvisionnement alors que jusqu’à présent, le gaz naturel consommé en Finlande était principalement importé de Russie. Enfin, les augmentations tarifaires relatives aux services de distribution de gaz devraient être davantage encadrées.

Nokia. L’entreprise de télécommunications finlandaise Nokia a récemment annoncé que près de 200 postes seraient supprimés à travers le pays avant la fin de l’année 2017. Cette suppression de postes s’inscrit dans un effort global de réduction des coûts d’exploitation alors que l’entreprise connaît des difficultés sur le marché des télécommunications. Au total, Nokia prévoit d’avoir réduit ses coûts de près de 1,2 Md€ d’ici à 2018. En 2016, l’entreprise avait déjà supprimé plus de 1 300 postes en Finlande. A cette occasion, l’Etat finlandais avait sollicité en novembre dernier l’aide du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation. Ce fonds vient récemment de proposer une aide de 2,6 M€ au pays en faveur de l’accompagnement de 821 licenciés Nokia dans leurs démarches de recherche d’emploi.

Accord Apple-Nokia. Nokia et Apple ont récemment annoncé avoir réglé leur contentieux sur l’utilisation de brevets appartenant au groupe finlandais. La signature d’un accord de licence ainsi que le versement par l’entreprise américaine d’un paiement d’avance en numéraire devraient permettre à Apple de continuer d’utiliser des technologies brevetées par Nokia tels que certains interfaces utilisateurs et logiciels de smartphone. L’accord prévoit également le renforcement de la coopération entre les deux entreprises puisqu’il est prévu que Nokia fournisse à Apple des équipements de réseaux tandis qu’Apple devrait à nouveau distribuer dans ses boutiques les appareils de santé connectés de la marque Withings, rachetée par Nokia en 2016.

Islande


Politique monétaire
. La banque centrale islandaise a abaissé ses taux d’intérêt de 0,25 points à 4,75% le 17 mai dernier. Le Comité de politique monétaire explique la poursuite de la baisse des taux notamment par la tendance à l’appréciation suivie par la couronne islandaise qui contribue à réduire les pressions inflationnistes malgré une demande interne qui reste très dynamique et continue de tirer les prix à la hausse, en particulier dans l’immobilier.

Taux de change. La couronne islandaise continue de s’apprécier et atteint des niveaux qui ne l’avaient plus été depuis la période précédant la crise financière de 2008, avec un taux inférieur à 100 ISK pour 1 USD, 112 ISK pour 1 EUR et 130 ISK pour 1 GBP le 22 mai dernier. Alors que la plupart des observateurs s’attendaient à un mouvement de dépréciation après la levée du contrôle des changes et alors que la couronne s’était déjà appréciée de près de 15% en en 2016, la tendance actuelle continue de peser sur la compétitivité des entreprises islandaises, en particulier dans les secteurs de la pêche et du tourisme. Pour le Premier ministre, Bjarni Benediktsson, la situation actuelle est un signe de confiance envers l’économie islandaise.

Immobilier. Le niveau des prix immobiliers dans la région de Reykjavik continue de battre des records : ils ont progressé de 2,2% sur le seul mois d’avril et de 22,7% sur les 12 derniers mois, principalement en raison de la pénurie de biens disponibles sur le marché.

Norvège

Croissance. Selon l’institut national norvégien des statistiques, la croissance de l’économie norvégienne s’est accélérée au premier trimestre (+0,6%), dépassant les prévisions des économistes (0,5%) et de la banque centrale norvégienne (0,4%). Afin d’exclure les variations dues aux cours des hydrocarbures, ce chiffre porte seulement sur le PIB dit continental (hors hydrocarbures et transport maritime). Si l’on prend en compte ces secteurs, le PIB a progressé de 0,2% au premier trimestre (contre 1,2% les trois derniers mois de 2016).

Excédent commercial. Comme le mois précédent, l’excédent commercial de la Norvège a doublé sur un an en avril à 22,2 MdsNOK (2,4 Mrds €) bénéficiant, selon l’Institut statistique national norvégien, de la remontée des prix du pétrole. Si les exportations ont augmenté de 7,5% sur cette même période, les exportations de produits non pétroliers (y compris vente de poissons) diminuent. Parallèlement, les importations ont baissé de 12,8%, notamment dans le domaine des machines et des moyens de transport. Hors hydrocarbures et construction navale, la balance commerciale de la Norvège a été déficitaire de près de 11,8 MdsNOK (soit 1,2 Md€) en avril et de 60,6 MdsNOK (soit 6,4 Mds€) depuis le début de l’année.

Inflation. L’inflation norvégienne a ralenti en avril, pour le quatrième mois d’affilée, à 2,2% sur un an, contre 2,4% en mars, soit son plus bas niveau depuis un an et demi, a indiqué le 10 mai dernier l’institut statistique national norvégien. Ce ralentissement serait dû à la baisse des prix du carburant et à des soldes de Pâques légèrement anticipées cette année, tombées en avril et non en mars comme cela avait été le cas en 2016. Par ailleurs, l’inflation sous-jacente, indicateur retenu par la Banque de Norvège pour sa politique de taux qui exclut l’énergie et les variations fiscales, est restée stable à 1,7%, soit beaucoup moins que les attentes des économistes (1,9%) et de la Banque de Norvège (2,1%). Cela devrait peser sur le niveau des taux d’intérêt et sur la couronne norvégienne.

Taux directeur.
La Banque de Norvège a laissé son taux directeur inchangé à 0,5% considérant que l’économie nationale avait globalement évolué tel qu’espéré dans les projections. Øystein Olsen, gouverneur de la banque centrale, a noté dans un communiqué que les perspectives et l’évaluation des risques pour l’économie norvégienne ne semblaient pas avoir changé significativement depuis le rapport de politique monétaire de mars.

Loi de finance rectificative. Le 11 mai dernier, la ministre des finances Mme Siv Jensen (Parti du Progrès) a présenté la loi de finance rectificative prévoyant une baisse des dépenses de la Sécurité sociale à hauteur de 5,5 MdsNOK. Selon le quotidien Aftenposten, cette économie s’explique par l’accord signé entre le patronat et les syndicats sur une hausse salariale modérée (+1,7% en 2016 contre 2,8% en 2015), conduisant à une hausse moins importante des retraites, ainsi que des dépenses liées à l’accueil des réfugiés plus basses que prévues. L’excédent de ce budget sera transféré au budget du développement : 273,8 MNOK seront allouées à l’aide humanitaire d’urgence, 41 M au désendettement, 32 M à la santé des femmes, 12 M à la recherche dans le domaine de l’APD, 10 M à l’Afrique du Nord et au Proche-Orient et 5 M au travail de réforme de l’ONU. Cette loi de finance rectificative permet également au Gouvernement de ramener la ponction sur le Fonds souverain (pour alimenter le budget 2017) à 2,9% du montant du Fonds, en dessous de la nouvelle limite proposée de 3% (contre 4% auparavant).

Fonds pétrolier. En 2015, sous la pression de certains députés et ONG environnementales, la Ministre des finances Siv Jensen avait mis en place un comité d’experts chargé d’étudier la possibilité pour le Fonds pétrolier d’investir dans des infrastructures non cotées en bourse (aéroports, ports…). Bien que le comité ait conclu, avec le soutien de la Banque de Norvège et de la direction du Fonds pétrolier, que le gouvernement devait autoriser le fonds à s’engager dans cette voix, Siv Jensen avait refusé cette solution. Elle a réitéré son opposition le 2 mai dernier en audition parlementaire, mettant en avant le risque pour la réputation du fonds. Le parti travailliste, jusqu’alors favorable au projet, s’est rallié aux recommandations du ministère des finances.

Fonds souverain. Le fonds souverain norvégien, le plus important au monde (environ 8 100 MdsNOK, soit 852 Mds€ selon les cours actuels), a exclu Bharat Heavy Electricals de son portefeuille d’investissement en raison de risques environnementaux, a annoncé le 5 mai dernier la Banque de Norvège. L’industriel indien est en effet accusé de construire au Bengladesh une centrale électrique au charbon, dans une région du Golfe du Bengale abritant la plus grande forêt de mangroves au monde. Par ailleurs, le chinois PetroChina et l’italien Leonardo ont tous deux été placés sous observation du fait de risques de corruption. En ce qui concerne le géant pétrolier chinois, 65 hauts dirigeants ont fait l’objet d’enquêtes sur des soupçons de pots-de-vin au Canada, en Chine et en Indonésie. Quant au groupe aérospatial italien Leonardo (anciennement Finmeccanica), la banque centrale norvégienne, gestionnaire du fonds, s’inquiète de faits présumés ou avérés de corruption dans plusieurs pays entre 2009 et 2014.

Production pétrolière. Bien que supérieure aux attentes, de 2,3% sur les quatre premiers mois de l’année par rapport aux prévisions officielles, la production pétrolière de la Norvège a baissé en avril, passant d’une moyenne de 1,734 million de barils par jour le mois dernier à 1,704 Mbj en avril, selon la Direction Norvégienne du pétrole. Par ailleurs, les ventes de gaz naturel ont elles aussi diminué, passant de 10,6 Mds de m3 en mars à 11 Mds de m3 en avril.

Aker Solutions. Le groupe norvégien de services pétroliers spécialisés dans les activités sous-marines Aker Solutions est resté de justesse dans le vert au premier trimestre, voyant ses bénéfices divisés de moitié, passant de 144 MNOK à 63 MNOK (soit 6,7 M€). Le groupe, à l’instar du reste du secteur parapétrolier, est victime du faible cours des hydrocarbures qui entraine la réduction des investissements des compagnies pétrolières. Le résultat brut d’exploitation (EBITDA) a baissé de 30% (355 M) sur un an et le chiffre d’affaires a reculé de 20% (moins de 5,2 Mds). Néanmoins, le directeur général Luis Araujo a annoncé dans un communiqué que les signes d’amélioration dans le segment des gisements en fin de vie et les futurs projets – Aker Solutions a décroché sur le trimestre 4,6 Mds de contrats nouveaux - sont de bon augure pour le niveau d’activité en 2018. Malgré des résultats décevants, les rumeurs régulières d’un possible achat ou d’une fusion soutiennent le cours de l’action. Selon la presse spécialisée, l’américain Halliburton, un temps envisagé, aurait renoncé au profit du chinois COOEC qui aurait entamé des pourparlers.

Navire électrique autonome. La Norvège va lancer en 2018 le premier navire cargo 100% électrique et autonome au monde (autonomie de 120 km), permettant d’éviter annuellement près de 40 000 trajets polluants en camions. Fruit d’un partenariat entre le fabricant d’engrais Yara International et le groupe industriel Kongsberg, il livrera des fertilisants entre les ports de Porsgrunn (sud de la Norvège) et de Brevik et Larvik (distants respectivement de 8 et 30 miles), économisant ainsi 678 tonnes de CO2 par an, selon Yara. Outre la réduction des nuisances sonores et polluantes ainsi que des émissions de gaz à effet de serre, ce projet confirme la position de la Norvège comme pays à la pointe de l’électrification des moyens de transport. Le navire devrait s’élancer sans équipage dès 2020, à condition d’avoir reçu les autorisations nécessaires.

Suède

Echanges bilatéraux. Selon l’Office suédois des statistiques (SCB), les exportations françaises de biens vers la Suède ont atteint 11 833 MSEK (soit 1,25 Md€) au premier trimestre 2017, soit une baisse de 3% par rapport au premier trimestre 2016 (12 164 MSEK, soit 1,3 Md€). Le ralentissement des exportations françaises intervient dans un contexte où les importations suédoises ont globalement progressé de 14%, entrainant un léger recul de la France dans le classement des principaux pays fournisseurs de la Suède, passant du 9ème au 10ème rang avec une part de marché de 3,7%. Les exportations suédoises vers la France ont, quant à elles, progressé de 9%, passant de 13 168 MSEK (soit 1,4 Md€) à 14 342 MSEK (soit 1,5 Md€). La France est le 8ème pays client de la Suède au premier trimestre 2017 avec une part de marché de 4,4%. Le déficit commercial français au premier trimestre est de 2 509 MSEK (soit 265 M€) contre 1 004 MSEK (soit 106 M€) à la même période en 2016.

Recommandation de la Commission européenne. La Commission européenne a publié ses recommandations pays 2017 dans le cadre du semestre européen. La Suède continue de faire l’objet d’une seule et unique recommandation relative à la hausse de l’endettement des ménages et des prix immobiliers. La Commission maintient notamment sa recommandation de limiter l’endettement des ménages en réduisant la déductibilité des charges d’intérêts hypothécaires et l’imposition de la plus-value sur le produit des cessions de biens immobiliers ou en accroissant les taxes foncières. Dans son rapport pays 2017 publié en février, la Commission considérait que la Suède avait réalisé quelques progrès (« some progress ») et devait poursuivre ses efforts pour lutter contre la croissance de l’endettement des ménages et des prix immobiliers.

Politique monétaire. La Riksbank est favorable à une révision de sa politique de ciblage de l’inflation et considère actuellement deux options qui feront l’objet de consultations dans les semaines à venir avant d’être éventuellement mises en œuvre lors du prochain comité de politique monétaire en septembre 2017 : (i) modifier sa variable cible en remplaçant la cible de croissance de 2% en rythme annuel de l’indice des prix à la consommation (CPI) par un niveau similaire sur le même indice calculé à partir de taux d’intérêt fixes (CPIF) ; (ii) introduire un intervalle de variation de sa cible de +/- 1% essentiellement dans une optique de communication tout en continuant à viser les 2% d’inflation annuelle.

Immigration. Selon l’Office suédois des statistiques (SCB), la communauté syrienne, composée de 158 000 résidents en Suède, est désormais la première communauté étrangère du pays, devant la communauté finlandaise (153 000 personnes) traditionnellement fortement représentée en Suède. Cette évolution serait due à la recrudescence du nombre de migrants syriens accueillis en Suède ces dernières années et au fait que les personnes originaires de Syrie obtiennent de manière quasi-systématique l’asile en Suède. La communauté iraquienne représente pour sa part 136 000 personnes contre respectivement 89 000 et 71 000 pour les communautés polonaises et iraniennes. Ces chiffres concernent les personnes nées à l’étranger, domiciliées en Suède et qui bénéficient au moins d’un permis de séjour temporaire. Ils excluent les demandeurs d’asile. Enfin, selon les dernières données de l’Office suédois des migrations (Migrationsverket), les demandes d’asile sont passées de 163 000 en 2015 à 30 000 en 2016, et la Suède a reçu 7 300 demandes d’asile pour les quatre premiers mois de 2017. La généralisation des contrôles d’identités et la fermeture des frontières sont à l’origine de cette baisse significative.

Nouvelles routes de la soie. Le président chinois Xi Jinping a accueilli une centaine de représentants internationaux dont la Ministre suédoise des infrastructures Anna Johansson pour discuter du projet chinois de « nouvelles routes de la soie » consistant en la construction de plusieurs routes ferroviaires, maritimes et gazières reliant l’Asie au continent Européen. Le président chinois a annoncé que le pays comptait investir 14 000 MdsSEK (soit environ 1 500 Mds€) dans les infrastructures et les transports en Asie, en Afrique et dans le Moyen-Orient dans les décennies à venir. De nombreux commentateurs estiment que ce projet est un moyen pour Pékin de renforcer sa domination sur la scène internationale et de mettre la main sur certaines ressources naturelles. La Ministre suédoise des infrastructures a déclaré à la presse qu’il ne fallait pas « être naïf » et que le projet présenté par Pékin ne s’inscrivait pas nécessairement dans une « démarche purement altruiste ».

Open data. Le Ministre de la fonction publique, Ardalan Shekarabi, a mis en place un ensemble de mesures visant à améliorer la position de la Suède à l’échelle internationale en matière d’open data :

  1. Statskontoret, agence en charge du suivi et de l’évaluation des activités de l’État, et Riksarkivet, les archives nationales, devront aider les agences de l’État à rendre leurs données plus facilement accessibles et cartographier les barrières qui empêchent la valorisation des données ;
  2. Tillväxtverket, l’agence suédoise pour la croissance, devra favoriser l’innovation par l’utilisation des données en développant des plateformes d’échange permettant la rencontre entre les acteurs privés et les acteurs publics sur le sujet de l’open data ;
  3. Ekonomistyrningsverket, l’autorité nationale de gestion financière, devra remettre, au plus tard le 31 mai, une proposition de modèle de financement pour assurer un échange gratuit d’informations entre les agences de l’Etat et les collectivités locales suédoises ;
  4. le gouvernement a finalement demandé à l’OCDE de réaliser une étude avec des propositions concrètes de mesures que la Suède devrait mettre en place afin d’augmenter la valorisation des données dans le secteur public.

Seafrigo Nordic. Le groupe français, basé au Havre, spécialisé dans la logistique de la chaîne du froid des produits alimentaires va ouvrir un entrepôt sous température de 13 000m2 à Helsingborg dans le sud de la Suède en 2018. Ce nouveau centre logistique nordique va créer environ 30 à 40 nouveaux emplois et permettra de gérer des denrées de producteurs et grossistes, essentiellement pour le compte d’acteurs étrangers qui vendent aux principaux groupes de la grande distribution alimentaire suédoise (ICA, Coop, Dagab, Bergendahl…). L’entrepôt permettra le stockage dans trois différentes zones destinées aux aliments sensibles à la fluctuation de température, aux produits réfrigérés et congelés.

EQT. Le fonds d’investissement suédois EQT a annoncé la vente du Bureau van Dijk, fournisseur d’outils d’analyse financière et de veille économique, à l’agence de notation Moody’s pour 3 Mds€. EQT, qui lui-même avait racheté cette entreprise néerlandaise du groupe britannique de capital investissement Charterhouse capital en 2014, est à l’origine d’une forte expansion du Bureau van Dijk qui couvre désormais 200 millions d’entreprises dans le monde avec sa plateforme Orbis.

Wallenberg.
Les fondations Wallenberg (les principales sont : KAW, Marianne et Marcus Wallenberg Stiftelse et Stiftelsen Marcus et Amalia Wallenbergs) représentent aujourd’hui plus de 11 Mds€ de capital et ont alloué plus de 220 M€ de dons à la science en 2016 (2,1 MdsSEK) et plus de 3 Mds€ depuis leurs création, ce qui fait des fondations Wallenberg le 2ème financier privé de R&D en Europe après la fondation britannique Wellcome Trust.

Copyright
Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse du Service Économique (adresser les demandes à
pierre-alexandre.miquel@dgtresor.gouv.fr).

Clause de non-responsabilité
Le Service Économique s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Romain Saudrais (Conseiller financier)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (C. Bauduin, M. Valeur, M. Lallemand, V. Satgé), Helsinki (N. Mouy, T. Cardiel), Oslo (E. Gabla, A. Labaune), de l’ambassade de France en Islande (R. Girard) et du Service Economique Régional de Stockholm (F. Lemaitre, R. Saudrais, T. Charrier).

Dernière modification : 22/06/2017

Haut de page