La Quinzaine nordique n°134

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

Liberté de la presse. Les pays nordiques dominent le classement mondial réalisé par Reporters sans frontières sur la liberté de la presse en 2017. La Norvège arrive à la 1ère place de ce classement, la Suède est 2ème et la Finlande ferme le podium. Le Danemark se situe pour sa part au 4ème rang et l’Islande au 10ème. Ce classement tient compte d’un grand nombre de critères tels que : les violences qui pèsent sur les journalistes, leur indépendance, le pluralisme des médias, le cadre législatif, etc.

PNG

Climat. Les ministres nordiques de l’environnement et du climat se sont réunis mardi 2 mai à Oslo où ils ont adopté une nouvelle déclaration pour le climat afin de souligner l’importance de leur engagement en tant que « leaders » dans le domaine de la transition énergétique. Les ministres ont affirmé leur détermination à œuvrer avec les parties prenantes pour la mise en application de l’Accord de Paris. La déclaration met notamment l’accent sur l’importance de la situation climatique en Arctique : la hausse des températures dans cette région aura des conséquences dramatiques, non seulement locales mais également globales à travers le réchauffement causé par les rejets de méthane engendrés par la fonte du permafrost, qui se répercutera sur l’ensemble de la planète. Un autre point central qui ressort de cette réunion nordique est l’urgence de lutter contre la pollution marine, en particulier par les déchets plastiques. Pour plus de détails sur les mesures annoncées dans la déclaration des ministres, voir l’intégralité de la déclaration : « The Oslo Declaration on Nordic Climate leadership ».

Énergies renouvelables. Selon une étude publiée par Eurostat, SCB et Svebio, la Suède est le pays de l’Union Européenne où la part des énergies renouvelables dans le secteur des transports est la plus importante, atteignant près de 24%. La Finlande arrive en deuxième position avec une part des EnR dans les transports évaluée à environ 22%, tandis que la France se classe 4ème avec près de 9%. Le Danemark est, quant à lui, 8ème avec 6%. Le seuil de 10% d’énergies renouvelables dans les transports fixé par l’Union Européenne n’est atteint que par la Suède, la Finlande et l’Autriche. En France et en Suède, le secteur des transports est à l’origine d’un tiers des émissions de gaz à effets de serre.

Danemark

Emploi. Selon une étude de la Confédération des Industries danoises (Dansk Industri), les entreprises exportatrices danoises sont à l’origine de 775 000 emplois au Danemark. Selon le directeur-adjoint de DI, Kent Damsgaard, les résultats de cette étude soulignent l’importance des exportations non seulement pour l’activité des entreprises exportatrices et leurs fournisseurs mais aussi pour le dynamisme de l’économie danoise dans son ensemble. Ces bons résultats permettent de tourner la page de la crise financière puisque les emplois directement liés aux exportations approchent à nouveau le niveau d’avant crise (800 000 emplois directs liés à l’export en 2008). Sur les six dernières années, 75 000 nouveaux emplois ont été créés grâce aux ventes des entreprises danoises à l’étranger, en majorité dans le Jutland. DI rappelle toutefois que les entreprises exportatrices font actuellement face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, 36% de ses membres se plaignant de difficultés de recrutement.

Crédit hypothécaire.
Après un accord entre le gouvernement, le parti social-démocrate et le parti du peuple danois, la valeur plafond des prêts hypothécaires pour l’achat d’une maison de vacances va être relevée de 60% à 75% de la valeur du bien (ratio loan-to-value), ce qui revient à diminuer l’apport minimum de l’emprunteur relativement au prix du bien immobilier (de 40% à 25%). La banque centrale du Danemark a émis un avis défavorable à ce sujet, considérant qu’une telle décision contribuerait à l’augmentation des prix immobiliers et à du risque sur les prêts hypothécaires.

Consommation. D’après les estimations de la Confédération des Industries danoises (Dansk Industri), la consommation des ménages devrait croitre de 2% en 2017 et dépasser les 1 000 MdsDKK (134,4 Mds€). Cette progression s’explique par le contexte actuel de faible inflation, de taux d’intérêt très bas et de quasi plein-emploi.

Cessions d’entreprises. Après une année record en 2016, les cessions d’entreprises au Danemark ont augmenté de 4% au T1 2017, tandis qu’elles ont diminué de 5% dans l’UE sur la même période, selon le cabinet de conseil Oaklins, cité par le quotidien financier Børsen. Sur les 59 entreprises cédées - essentiellement des PME - 75% d’entre elles représentaient un intérêt stratégique pour leurs acquéreurs et 36% étaient issues des secteurs de l’industrie et des technologies numériques.

Énergie. Selon une étude réalisée conjointement par la Confédération des industries danoises (Dansk Industri) et le ministère de l’énergie, les exportations danoises de biens et services de technologie énergétique ont atteint un niveau record en 2016 - principalement dû à une forte augmentation des exportations de services - pour s’élever à 83,8 MdsDKK (11,3 Mds€) et représenter 11,8% des exportations totales. Le Danemark maintient sa position de champion européen des exportations de technologie énergétique. Ce secteur représente également le premier poste d’exportation de biens et services du Danemark. L’Allemagne conserve son rang de premier débouché du secteur (24,2% des exportations), suivie par les Pays-Bas et le Royaume-Uni, tous deux en forte progression depuis 2015 au détriment des États-Unis et de la Suède.

Énergie (2). La Commission de l’énergie (créée en 2016 par le gouvernement) a livré ses recommandations pour la politique énergétique dans la période 2020-2030. Elle souligne la nécessité d’une politique ambitieuse dès 2020, si le Danemark veut atteindre son objectif d’une société faiblement émettrice de carbone et fondée sur les énergies renouvelables en 2050. Le rapport insiste sur six points principaux :

  1. des marchés de l’énergie internationaux efficaces dont la sécurité d’approvisionnement doit être assurée par une collaboration renforcée à travers les frontières ;
  2. les énergies renouvelables doivent être développées aux conditions du marché (suppression progressive des aides d’Etat) ;
  3. un système d’énergie intégré et flexible (plus d’électrification, utilisation des EnR par le système de chauffage urbain) ;
  4. amélioration de l’efficacité énergétique qui doit être la priorité lorsqu’elle représente un meilleur rapport coût/efficacité que le développement des énergies renouvelables ;
  5. le renforcement de la position de leader du Danemark en termes de technologie énergétique (plus de ressources allouées à la recherche, plus de projets de démonstration et de plateformes de test) ;
  6. une focalisation sur la conversion du système de l’énergie (les mesures économiquement efficientes en dehors du secteur des quotas doivent être mises en place tôt et être réévaluées en continu).

Le rapport servira de socle pour les négociations d’un nouvel accord sur l’énergie pour lequel le gouvernement devrait présenter une proposition cet automne.

5G.
Le géant chinois des télécoms Huawei a annoncé avoir choisi le Danemark pour lancer ses tests pour la téléphonie 5G. L’entreprise invoque pour son choix la position de pionnier du Danemark en matière d’innovation, l’important nombre d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies ainsi que le goût des Danois pour les NTIC. Les tests commenceront en 2017 sur une partie du territoire danois avant la généralisation de la couverture 5G à l’ensemble du pays prévue d’ici 2020.

Mitsubishi.
En visite au Japon, le ministre danois des Entreprises, Brian Mikkelsen, a annoncé que Mitsubishi allait investir et développer de nouvelles opportunités au Danemark. Le conglomérat japonais s’est déclaré très intéressé par une coopération avec le Danemark, sous la forme d’IDE et de partenariats avec des entreprises danoises afin de développer de nouvelles technologies principalement dans le secteur de l’éolien offshore. Mitsubishi est déjà présent au Danemark via sa joint-venture avec Vestas (MHI Vestas) et son investissement dans la PME Fiberline Composites.

Lego.
Les ventes de jouets du groupe Lego sur le marché russe ont augmenté de manière exponentielle ces dernières années. En 2016, Lego a connu une croissance de 20-25% de ses ventes ainsi que de sa part de marché en Russie. Cette forte hausse des ventes s’explique par le changement de stratégie de la part de Lego (qui a étendu sa présence dans d’autres villes russes et ne se focalise plus exclusivement sur les deux plus grandes villes) et par la demande croissante du marché russe, qui est devenu en 2016 l’un des 10 plus grands marchés mondiaux du secteur du jouet.

Mærsk.
A.P. Møller-Mærsk présente sa première grande mesure de numérisation, en collaboration stratégique avec Microsoft. Le service cloud Microsoft Azure va rassembler tous les programmes et données informatiques de Mærsk et sera la plateforme unique du développement des produits numériques de Mærsk. Cette initiative fait partie de la nouvelle stratégie de Mærsk dont la numérisation est une ambition centrale. Le groupe vise à créer un one-stop-shop pour la logistique des conteneurs à partir duquel le client peut suivre le transport dans une chaîne d’approvisionnement plus transparente. La valeur du contrat entre Mærsk et Microsoft n’a pas été révélée, mais selon Microsoft il s’agit d’une commande assez importante (et rare chez les grandes entreprises industrielles traditionnelles).

Dong.
Dong a gagné trois projets de parcs éoliens offshore en Allemagne, dont deux ne bénéficient pas de subvention publique. C’est la première fois que de tels projets vont être construits sans aide publique directe. Cela signifie, pour Dong, que les futurs revenus des projets dépendent d’une évolution favorable des prix de l’électricité ainsi que d’une réduction des prix de production. Les trois projets représentent un total de 590 MW.

Finlande

Politique économique. Le gouvernement a tenu, les 24 et 25 avril, une session d’évaluation de la mise en œuvre de son programme budgétaire à mi-mandat. Sur 10 Mds€ d’économies annoncées en 2015, 4 Mds€ devaient provenir de réductions de dépenses du budget général sur l’ensemble de la législature. Selon le gouvernement, les coupes déjà réalisées et celles prévues pour 2017-2019 dégagent des marges de manœuvre permettant d’abonder les dépenses pour l’éducation et la recherche. Une réforme de la formation professionnelle est annoncée, de même qu’une réforme de l’enseignement général secondaire. La réforme du marché du travail devait apporter 2 Mds€ d’économies en plus grâce à l’amélioration de la situation de l’emploi et à la diminution des dépenses publiques de chômage. Plusieurs mesures sont entrées en vigueur au 1er janvier 2017 afin d’inciter les chômeurs à retrouver un emploi mais sont estimées insuffisantes pour atteindre l’objectif d’un taux d’emploi à 72%. Des mesures supplémentaires ont donc été annoncées comme la réduction de l’allocation chômage si le bénéficiaire n’entreprend pas de démarches actives de retour à l’emploi. Les frais de scolarisation des jeunes enfants vont aussi être sensiblement réduits pour les ménages à faibles revenus. Une rallonge de 25 M€ est aussi prévue pour les politiques actives de soutien à l’emploi par les agences régionales pour l’emploi (à rapprocher des coupes de plus de 300 M€ planifiées en début de législature sur la période 2016-2019). Enfin, la réforme du secteur public finlandais doit permettre de réaliser, à plus long terme, 4 Mds€ d’économies supplémentaires.

Prévisions économiques. Le ministère des Finances finlandais a publié ses prévisions économiques de printemps pour 2017 et 2018. Malgré la révision sensible à la hausse de ses estimations pour 2017 (de + 0,9% à +1,2%), la croissance devrait tout de même ralentir par rapport à 2016 (+1,4%). La demande intérieure serait affectée par le ralentissement de la consommation des ménages, notamment dû au retour de l’inflation. De la même façon, les investissements progresseraient de façon moins significative, contre-coup de la croissance enregistrée en 2016. Les exportations bénéficieraient de l’amélioration de la conjoncture mondiale et de la compétitivité-prix des entreprises finlandaises. Les prévisions en matière de finances publiques suggèrent que le déficit public se dégraderait en 2017 (-2,3% contre -1,9% en 2016), sous l’effet de la mise en œuvre du pacte de compétitivité, négocié en échange d’une réduction d’impôts de 515 M€. La croissance de l’endettement public devrait se poursuivre, pour s’établir à 64,7% du PIB en 2017 (contre 63,6% en 2016 et 62,3% en 2015).

Pharmacies
. Lors de sa revue de mi-mandat, le gouvernement a également annoncé une réforme relative à la libéralisation des conditions d’ouverture des pharmacies. La hausse du nombre de pharmacies présentes sur le territoire finlandais devrait notamment permettre d’assurer une meilleure disponibilité des produits de santé à travers le pays. A ce titre, l’agence finlandaise des médicaments Fimea pourrait récupérer l’initiative de l’octroi de licences et exercer un rôle plus actif dans la correction des déséquilibres territoriaux en matière d’accès aux produits pharmaceutiques.

Islande

Politique budgétaire. Dans son rapport sur la stratégie financière à 5 ans du gouvernement islandais, la Chambre de Commerce Islandaise s’est montrée critique sur le projet de réforme de la TVA. Si elle est favorable à un abaissement du taux normal de TVA, la Chambre désapprouve l’application de ce taux aux activités du tourisme. Dans le plan financier à cinq ans présenté devant l’Athingi le 31 mars dernier, le gouvernement prévoit d’abaisser le taux de TVA normal à 22,5% (il est actuellement de 24%) et de l’étendre au secteur du tourisme qui bénéficiait jusqu’alors d’un taux réduit (11%), ce qui menacerait directement la viabilité des compagnies les plus vulnérables selon la Chambre. Elle propose d’instaurer un taux unique de 18,6%, ce qui limiterait l’impact sur les industries du tourisme et les compagnies exportatrices, mais augmenterait de fait le prix des produits alimentaires et des autres types de biens qui bénéficient d’un taux réduit.

Transport. Dans une lettre envoyée à la Commission budgétaire de l’Athingi, le Conseil des Communes de la région capitale (Hafnarfjörður, Garðabær, Kópavogur, Reykjavík, Seltjarnarnes et Mosfellsbær) a détaillé les coûts de construction de la ligne de transport municipale (Borgarlína), qui doit relier les différentes communes de la métropole de Reykjavik. Le chef de la planification régionale de la Métropole de Reykjavik, Hrafnkell Proppé, serait favorable à une desserte par des bus rapides dont le coût total est estimé entre 44 et 72 MdsISK (soit entre 379M€ et 620M€). Selon les prévisions réalisées par le Conseil, le coût triplerait si l’option d’une desserte par des trains légers (trams) telle que mise en place par la ville de Strasbourg était privilégiée. Dans cette lettre adressée au Parlement, le Conseil sollicite l’aide de l’État ainsi qu’une contribution des communes d’un montant total de 25 à 30 Mds ISK (215 à 259 M€) pour la première phase de construction allant de 2019 à 2022. D’après les prévisions du Conseil, la ligne municipale devrait être ouverte aux usagers en 2022. Si le système de bus rapides devrait répondre aux besoins de la métropole jusqu’en 2040, le Conseil des communes envisage une transition vers un réseau de trains léger après cette date.

Hagar. Selon la presse, Hagar, une des plus grosses entreprises islandaises de vente au détail, a acquis des actions de la compagnie pétrolière Olis et de la société immobilière DGV pour 9,6 MdsISK (79,3 M€). Son PDG, Finnur Arnason, a déclaré que cet achat permettra à la société de s’agrandir et de se préparer à l’entrée sur le marché islandais du géant américain de la distribution Costco.

Norvège


Chômage.
D’après les chiffres officiels publiés le 27 avril dernier, le chômage en Norvège est légèrement reparti à la hausse, atteignant 4,3% de la population active (soit 120 000 personnes sans emploi) en février (contre 4,2% en janvier, soit 5 000 personnes de plus sans emploi), après trois baisses mensuelles consécutives.

Excédent commercial. L’Institut national des statistiques norvégien a annoncé le 21 avril dernier que l’excédent commercial du pays (22,7 MdsNOK, soit 2,5 Mds€) avait doublé en mars en glissement annuel, principalement grâce à l’augmentation des exportations d’hydrocarbures et de poissons d’élevage et à la remontée du prix des hydrocarbures. Toutefois, hors hydrocarbures et construction navale, la balance commerciale reste déficitaire de 17 MdsNOK en mars.

Hydrocarbures. La Direction du pétrole du Ministère du Pétrole et de l’Énergie a annoncé le 25 avril dans un communiqué que la production pétrolière avait augmenté au mois de mars (1,734 million de barils par jour) soit une hausse de 8% sur un an. Ces chiffres dépassent les projections officielles. En parallèle, les ventes de gaz naturel ont également fortement progressé en mars (+10% par rapport à février).

Hydrocarbures (2). Le forage de cinq nouveaux puits en mer de Barents, les plus septentrionaux de Norvège, commencera en mai prochain. Cette zone pourrait devenir le plus grand champ pétrolier du pays, avec plus de 10 milliards de barils de pétrole selon les estimations. Ces forages sont critiqués par les organisations de protection de l’environnement, qui soulignent les risques représentés par l’extraction dans une zone sensible à proximité de la banquise. Si de nombreux partis ont fait de l’interdiction d’exploiter les ressources situées dans les îles Lofoten un cheval de bataille politique, il sera nécessaire d’observer les réactions du Parlement suite à cette annonce. Bien que Statoil ait promis que la période de forage permettrait de limiter ces risques, la définition de la limite de la banquise avait déjà été source de controverse en 2015, lorsque le gouvernement avait repoussé cette frontière vers le Nord pour autoriser l’exploitation pétrolière, décision qui avait finalement été refusée par le Storting (Parlement norvégien).

Suède

Taux de change. La parité entre la couronne suédoise (SEK) et l’euro atteint 9,59 SEK en moyenne au cours des 4 premiers mois de l’année avec des fluctuations comprises entre 9,42 et 9,63 SEK POUR 1 €. Le taux de change moyen annuel constaté pour 2016 était pour sa part de 9,47 SEK.

Banques. Le résultat d’exploitation cumulé des quatre grandes banques suédoises atteint près de 27,7 MdsSEK au 1er trimestre (3 Mds€), soit près de 10 MdsSEK (1,1 Md€) de plus qu’au 1er trimestre 2016. Nordea, la seule banque G-SIB de la zone, affiche le résultat d’exploitation le plus élevé durant ce début d’année (Nordea 10,5 MdsSEK, Swedbank 6,3 MdsSEK, SEB 5,5 MdsSEK et Handelsbanken 5,3 MdsSEK), tandis que Swedbank dispose de la rentabilité sur fonds propres la plus élevée en raison des bons résultats enregistrés dans les états baltes, où la banque est particulièrement présente (Swedbank 15,9%, Handelsbanken 12,4%, SEB 12,2% et Nordea 10,3%). Les résultats affichés restent meilleurs que les anticipations des analystes du fait de marges croissantes réalisées sur les crédits, en particulier les crédits hypothécaires, et en raison du recours croissant aux technologies numériques. Les fonds propres de base de catégorie 1 (core tier 1) sont parmi les plus élevés au monde avec 24,2% pour Swedbank, 23,8% pour Handelsbanken, 18,9% pour SEB et 18,8% pour Nordea. Ces niveaux sont supérieurs aux exigences fixées par Finansinspektionen (FI), le régulateur suédois des marchés financiers qui a fixé la barre à 21,7% pour Swedbank, 20,3% pour Handelsbanken, 17,4% pour Nordea et 17% pour SEB.

Riksbank-FMI. La Banque de Suède a conclu un nouvel accord de prêt en faveur du FMI, qui confère à ce dernier le droit d’emprunter jusqu’à 90 MdsSEK (9,5 Mds€) à la Suède jusqu’au 31 décembre 2020 au plus tard.

Privatisations. Mikael Damberg (PSD), ministre de l’Economie, annonce vouloir privatiser quatre entreprises publiques, sous tutelle de son ministère, d’ici la fin de la législature actuelle :
- Apoteksgruppen Holding AB (CA de 255 MSEK et 60 employés) : entreprise de service/support (marketing, logistique, TIC, etc.) aux réseaux des petites pharmacies (167 pharmacies au total) créée lors de la déréglementation de la distribution du secteur en 2010 ;
- Metria (CA 400 MSEK et 250 employés) : ancienne filiale de l’agence nationale du cadastre (Lantmäteriet), spécialisée dans les services de cartographie (stockage de données/cartes, visualisation et télédétection de plans topographiques, etc.) ;
- SweRoad, Swedish National Road Consulting (15 employés) : consultant public spécialisé dans le secteur des transports et plus précisément dans le développement des routes (mais aussi le ferroviaire), la sécurité routière, la gestion du trafic avec à la clef l’appui aux institutionnels locaux, etc. La compagnie a plus de 30 ans d’expérience sur le marché international avec plus de 300 missions achevées en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient notamment.
- Swedesurvey (4 employés) : Consultant en cartographie qui propose des services sur le marché international et appartenant jusqu’en 1993 à l’Agence nationale du cadastre.

Téléphonie mobile. Des inspecteurs de l’UE et de l’Office suédois de la Concurrence (Konkurrensverket) ont réalisé une enquête chez Telia, Tele2, Telenor et Tre, les quatre opérateurs de téléphonie présents en Suède, en raison des soupçons d’ententes sur les prix et de pratiques abusives. La presse suédoise rapporte l’existence de preuves d’entente, auquel cas la Commission pourait infliger une amende allant jusqu’à 10% du CA d’une entreprise.

Ericsson
. Le groupe suédois a présenté ses résultats d’activité pour le premier trimestre 2017. Ericsson enregistre une perte de 12,3 MdsSEK (soit 1,3 Md€), avec des ventes qui ont diminué de 11% par rapport à la même période en 2016 (jusqu’à -35 % pour les services IT et cloud passant de 14,9 MdsSEK au premier trimestre 2016 à 9,6 MdsSEK au premier trimestre 2017) et un chiffre d’affaires net en baisse de 16% par rapport au premier semestre 2016. Ericsson enregistre ainsi des pertes pour le troisième trimestre consécutif. La direction du groupe suédois explique ces résultats par une baisse de l’activité sur ses principaux marchés, une intensification de la concurrence et des coûts de restructuration et de provisions élevés. Le lendemain de cette annonce, les actions du groupe ont perdu 2,6% de leur valeur à la bourse de Stockholm. L’agence de notation Moody’s a également dégradé la notation du groupe à Ba1 (catégorie spéculative) tandis qu’Ericsson confirme la volonté d’intensifier ses efforts de réduction des coûts.

Com Hem. Le groupe Kinnevik, appartenant à la sphère Stenbeck, a acheté pour 3,7 MdsSEK (soit 391 M€) d’actions de Com Hem, fournisseur d’accès à internet et de service de télévision par câble suédois. Cette acquisition permet au groupe Kinnevik, principal actionnaire de l’opérateur téléphonique Tele2 (47,6% des droits de vote), de devenir le deuxième acteur dans le secteur de la distribution internet avec 23,9% de parts de marché, derrière Telia, ancien monopole d’Etat (33,1%), et de se positionner sur le marché de l’offre de télévision par câble dont Com Hem est aujourd’hui le leader en Suède avec 38,4% de parts de marché. A la suite de cette annonce, la valeur des actions du groupe Kinnevik a diminué de 4%, tandis que les actions de Com Hem se sont appréciées de 7,6%.

Automobile.
Les ventes de voitures continuent d’augmenter : 120 000 immatriculations nouvelles au cours des quatre premiers mois de l’année, soit une progression de 2,6% par rapport à la même période de l’année 2016 où les ventes avaient atteint un niveau record. Les parts de marché des producteurs français restent stable à 9% au total (Renault : 3,34%, Peugeot : 3,13%, Citroen : 1,51% et Dacia 1%).

Copyright
Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse du Service Économique (adresser les demandes à
pierre-alexandre.miquel@dgtresor.gouv.fr).

Clause de non-responsabilité
Le Service Économique s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Romain Saudrais (Conseiller financier)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (C. Bauduin, M. Valeur, M. Lallemand, V. Satgé), Helsinki (N. Mouy, T. Cardiel), Oslo (E. Gabla, A. Labaune), de l’ambassade de France en Islande (R. Girard) et du Service Economique Régional de Stockholm (F. Lemaitre, R. Saudrais, T. Charrier).

Dernière modification : 19/05/2017

Haut de page