La Quinzaine nordique n°131

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGDéséquilibres macroéconomiques. Les derniers rapports pays de la Commission européenne continuent de relever des déséquilibres macroéconomiques communs dans la zone nordique en relation avec le niveau d’endettement du secteur privé, alors que ces pays sont dans l’ensemble bien notés par les agences de notation en raison de la relative faiblesse de leur dette publique. L’endettement du secteur privé y est notamment alimenté par la dette des ménages en lien avec la forte croissance des prix immobiliers.

Rapport mondial sur le bonheur. Selon le Rapport mondial sur le bonheur 2017 publié par les Nations Unies, les Norvégiens sont le peuple le plus « heureux au monde » devant les Danois qui rétrogradent d’une place (après avoir été premiers au cours des trois dernières années). L’Islande ferme la marche du podium, alors que la Finlande occupe la 5ème place et la Suède le 10ème rang.

Visas. Selon le cabinet Henley&Partners, les personnes disposant d’un passeport allemand sont celles qui peuvent voyager le plus facilement dans le monde sans demander de visas (176 pays). Elles sont suivies par les titulaires d’un passeport suédois (175 pays), puis par les détenteurs d’un passeport danois ou finlandais (174 pays), ex-æquo avec les italiens, espagnols et américains, juste devant les passeports norvégiens et français (173 pays).

SAS. Selon la presse, le Brexit pourrait remettre en cause le projet de réorganisation de la compagnie aérienne scandinave SAS consistant à intensifier sa présence au Royaume-Uni, notamment pour réduire ses frais de personnel. Le retrait britannique pourrait limiter l’intérêt pour le groupe de transférer une partie de ses capacités vers le R-U.

Performance énergétique. Le Forum économique mondial a publié le classement de son indice composite de performance énergétique par pays en 2017, l’Energy Architecture Performance Index. Il évalue la performance du système énergétique de 127 pays dans le monde à partir de 18 indicateurs composant ce qu’il définit comme le « triangle de l’énergie » : la croissance économique et le développement, la soutenabilité environnementale ainsi que l’accès à l’énergie. Trois pays nordiques se classent dans le top 5 : derrière la Suisse en première position se trouvent la Norvège, la Suède et le Danemark, suivis de près par la France (5ème) ; la Finlande est 12ème et l’Islande 26ème.

Danemark

Conjoncture. La banque centrale danoise a publié un rapport optimiste sur les perspectives économiques du pays. Après une croissance de 1,1% en 2016, le Danemark devrait enregistrer une croissance de 1,6% par an jusqu’en 2019. Aucun déséquilibre majeur ne devrait remettre en cause la stabilité de cette croissance dans les prochaines années. La banque centrale danoise reste cependant vigilante concernant la situation du marché du travail, de plus en plus proche du plein-emploi, car elle pourrait conduire à une pénurie de main-d’œuvre susceptible de peser sur la compétitivité des entreprises.

Commerce extérieur. Selon l’Institut danois des statistiques (Danmarks Statistik), les échanges de marchandises ont stagné en 2016 (-0,3% par à 2015), pour atteindre 162,9 Mds€. Les exportations de biens, qui avaient enregistré une hausse en 2015, ont chuté de 0,4% en 2016, principalement dans les secteurs des produits énergétiques et biens d’équipement, pour atteindre 85,6 Mds€. Les importations, quant à elles, ont représenté 77,3 Mds€ et ont enregistré également une légère baisse (-0,1%) en 2016. Il en résulte une légère contraction de l’excédent commercial qui s’élève à 8,2 Mds€ (contre 8,5 Mds€ en 2015).

Productivité. Selon l’Institut danois des statistiques (Danmarks Statistik), la productivité de l’industrie danoise a progressé de 3,3% sur la période 2001-2015. La principale explication réside dans la robotisation d’une partie de l’industrie danoise. DST souligne la bonne performance du Danemark par rapport à ses voisins, notamment l’Allemagne, où la croissance de la productivité a été d’environ 2% sur la même période.

Immobilier. La banque centrale danoise s’alarme de l’envolée des prix de l’immobilier à Copenhague et recommande l’instauration d’une taxe sur la propriété immobilière afin de stabiliser la tendance. Selon elle, les mesures prises ces dernières années consistant à resserrer les conditions de crédit n’ont pas été suffisantes. Les prix ont augmenté de 60% depuis 2011 et ont désormais dépassé le pic de 2006, atteint peu de temps avant l’éclatement de la bulle immobilière. Le contexte des taux bas en Europe a largement contribué à l’émergence d’une nouvelle bulle. Le risque d’éclatement, combiné à la perspective d’une remontée des taux, pèserait lourdement sur l’endettement des ménages, notamment ceux ayant contracté des emprunts à taux variable pour financer un achat immobilier.

Automobile. En 2016, le leasing a connu un essor sans précédent au Danemark, largement profitable aux marques françaises (en particulier Peugeot). Selon l’Institut danois des statistiques (Danmarks Statitisk), près de 35 000 personnes ont eu recours au leasing en 2016, soit une progression de 153% sur les 3 dernières années. Parmi les facteurs explicatifs : la baisse des prix du leasing (-20% en moyenne) et des taxes gouvernementales (notamment celles sur l’immatriculation des véhicules) rendant plus abordable le recours à ce type de service. Peugeot domine largement le marché avec 3 modèles (la 208, la 308 et la 108) présents dans le top 5 des modèles les plus loués. La marque contrôle 40% du marché du leasing, grâce notamment à d’importantes réductions opérées à la sortie d’usine, lui permettant d’être très compétitive sur le marché danois.

Attractivité. D’après le classement du cabinet Mercer sur la qualité de vie, Copenhague constitue l’une des destinations les plus attractives pour étendre ses activités économiques et une ville accueillante pour les expatriés en mission. À la 9ème place, elle est la première des capitales scandinaves.

Contrat militaire. Le groupe français d’armement Nexter a été retenu face à l’israélien Elbit Systems pour fournir à l’armée de terre danoise quinze pièces d’artillerie de 155 mm Caesar 8×8, avec une option sur six unités supplémentaires. La phase de négociation exclusive du contrat doit bientôt débuter. Selon le porte-parole de l’administration en charge de l’achat de matériel militaire, cité par les Echos, le montant du contrat s’élèverait à 40 M€ et la livraison serait prévue pour mi-2019.

DLG. En 2016, le chiffre d’affaires du groupe DLG a diminué et atteint 49 MdsDKK (6,6 Mds€), mais le groupe a vu son résultat net progresser de 12% à un niveau record de 570 MDKK (76 M€). Le bénéfice provient principalement des ventes vers l’Allemagne. Le mois dernier, DLG a présenté une nouvelle stratégie, visant notamment à accroitre le bénéfice de 50% d’ici 2021. Le groupe a déclaré disposer de 4 MdsDKK (536 M€) pour cette stratégie. La moitié sera investie dans le développement de ses activités existantes, alors que l’autre moitié sera utilisée pour des acquisitions. Avec la récente vente de Kongskilde Agro, qui a impacté les comptes du groupe en 2016, DLG a atteint son objectif de céder les entreprises qui n’étaient pas rentables ou ne correspondaient pas à la stratégie de long terme du groupe (au total, 12 sociétés ont été vendues en raison du processus de rationalisation de DLG).

Postnord.
Postnord Danmark, qui est en déficit depuis 2012, connait de graves problèmes financiers. En 2016, le résultat net de l’ensemble du groupe était de -1,6 MdSEK (-171 M€), alors que le résultat d’exploitation (EBIT) était de -1,9 MdSEK (-206 M€). La filiale danoise explique cette situation par la baisse importante des envois de lettres postales. Postnord a demandé à ses propriétaires (les Etats danois et suédois) de fournir 2,3 MdsDKK (308 M€) pour la mise en œuvre d’un plan d’austérité et de sauvetage, afin de rendre Postnord à nouveau rentable. Ce plan inclut notamment le licenciement de 3 500 à 4 000 employés au Danemark. Le Ministre danois des Finances, Kristian Jensen, souhaite que la Suède paye 60% de la facture puisque l’État suédois détient 60% de Postnord. De son côté, la Suède refuse de payer pour « un problème danois » et n’exclut pas une division de la société.

Arla.
En raison d’importantes chutes de prix, début 2016, couplées à une baisse de la production de lait, le chiffre d’affaires d’Arla a diminué et atteint 9,6 Mds€ en 2016. Cependant, le bénéfice net a progressé de 20 % et s’est élevé à 356 M€, grâce à une rationalisation des coûts et à la conversion de lait vendu à prix réduit en produits de marque, comme prescrit par la stratégie 2020 d’Arla. Toutes les marques stratégiques d’Arla, (Puck, Arla, Castello et Lurpak) ont vu leur situation s’améliorer en 2016 alors que la baisse de la production va impacter leurs ventes en 2017. Début mars, Arla a augmenté le prix du lait pour la septième fois depuis l’été 2016.

Novo Nordisk. L’ancien PDG de Novo Nordisk, Lars Rebien Sørensen, vient d’être élu au conseil d’administration de la fondation Novo Nordisk. Après avoir quitté la tête du groupe, poste qu’il a occupé pendant plus de 16 ans, il était convenu qu’il rejoigne la fondation Novo Nordisk. Depuis 2010, celle-ci a investi 10 MdsDKK (1,35 Md€) principalement dans la R&D. Lars Rebien Sørensen avait participé à la Conférence franco-nordique organisée le 28 novembre 2016 à Bercy par les SE/R nordiques sous l’autorité des 5 Ambassadeurs de France dans la zone.

Lego.
John Goodwin, actuel directeur financier du groupe Lego, a été nommé nouveau directeur exécutif de la fondation Lego. Il remplacera Hanne Rassmussen, qui était à la tête de la fondation depuis 2015, à partir du 1er avril prochain.

Finlande

Révision du chiffre de la croissance. L’Institut finlandais de la statistique (Tilastokeskus) a abaissé de 0,2 point de pourcentage son estimation de la croissance économique finlandaise pour l’année 2016, de 1,6% à 1,4%. Cette révision s’explique par des importations plus dynamiques que prévu (+2,5% contre +2,0% préalablement), ainsi qu’une croissance moins rapide des exportations (+0,5% contre +0,7% lors de la première estimation).

Finances publiques. Le déficit public finlandais s’est établi à -1,9% du PIB en 2016, contre -2,7% l’année précédente. Cette amélioration s’explique par les légères réductions des déficits de l’Etat, de -2,9% à -2,7% du PIB, et des collectivités locales, de -0,6% à -0,5% du PIB. Autre composante du déficit public global, le surplus des fonds de pension s’est quant à lui dégradé de 0,2 point de pourcentage en 2016 pour s’établir à 1,1% du PIB. La dette publique a atteint 136,1 Mds€ cette même année, soit 63,6% du PIB. La hausse de cette dette de 1,3 pp par rapport à 2015 s’explique principalement par l’augmentation de l’endettement de l’Etat central, lequel détient 85% du stock total de la dette publique finlandaise.

Coût du travail. Le débat sur la modération salariale en Finlande s’est récemment crispé suite aux propos du président de la centrale patronale EK, Veli-Matti Mattila. Celui-ci a estimé que le coût du travail était de 10 à 15% trop élevé en Finlande et que des mesures additionnelles de modération salariale devaient être prises afin de se rapprocher des coûts salariaux de pays concurrents comme la Suède ou l’Allemagne. En réponse, le ministre des Finances, Petteri Orpo, a évoqué d’anciens chiffres qui ne prennent pas en compte les effets sur les coûts salariaux du Pacte de compétitivité conclu en 2016. Cette controverse intervient alors que d’autres parties prenantes aux négociations salariales ont exprimé leurs désaccords sur la méthode à suivre afin d’améliorer durablement la compétitivité-coût du pays. Les négociations syndicales pour l’année 2018 devraient débuter en septembre prochain.

Supervision financière. L’Autorité de supervision financière finlandaise FIN-FSA a sanctionné quatre banques du pays pour des irrégularités dans leurs pratiques de conseil en investissement. Celles-ci sont accusées de ne pas avoir recueilli auprès de certains de leurs clients âgés de plus de 70 ans suffisamment d’informations concernant leurs profils d’investisseur. Les enquêtes menées entre 2015 et 2016 par l’Autorité de supervision ont également relevé le défaut d’évaluation de la pertinence des produits conseillés par rapport au profil des clients concernés. Les banques sanctionnées sont Nordea (amende d’1 M€), Helsinki Area Cooperative Bank (400 000€), Alexandria Pankkiiriliike Oyj (90 000 €) and Investium Ltd (20 000 €).

Rolls-Royce. La société d’ingénierie britannique Rolls-Royce a annoncé avoir reçu le soutien financier de l’agence finlandaise d’aide à l’innovation Tekes pour l’établissement d’un centre de recherche R&D à Turku, dans le sud du pays. Ce centre de recherche sera dédié au développement de navires intelligents et autonomes commandés à distance. Il devrait associer d’autres partenaires tels que l’Université de Tampere et des start-ups. Selon Rolls-Royce, ce projet pourrait générer jusqu’à 240 M€ d’investissements en Finlande.

Kesko. Le groupe de grande distribution Kesko vient d’annoncer un partenariat avec le grossiste en pharmacie Oriola-KD afin de lancer une nouvelle chaine de magasins de produits de santé et bien-être en Finlande. Les deux entreprises détiendront chacune 50% des parts de la société et l’investissement initial total annoncé est de 25 M€. L’ouverture des 15 premiers magasins est prévue pour l’automne 2017 et l’objectif à moyen-terme est d’en ouvrir 100. Cette initiative doit encore recevoir l’approbation de l’autorité de la concurrence (KKV). Kesko avait déjà renforcé sa position sur le marché de la grande distribution avec l’achat du groupe Suomen Lähikauppa en 2016. Ce partenariat, s’il est validé, devrait lui permettre d’étendre ses parts de marché sur d’autres segments du commerce de détail.

Islande

Union européenne. Le comité mixte de l’Espace Économique Européen a adopté, le 17 mars, une décision mettant fin à huit ans de retard en matière de règles encadrant la production biologique pour la Norvège et l’Islande. Ces deux pays avaient repoussé jusqu’à présent l’intégration dans l’accord EEE de règles adoptées par l’UE en 2007 et en 2009 dans le domaine de la production, de l’étiquetage biologique et de la production aquacole biologique. Ce retard avait empêché l’importation et la vente dans l’UE de produits aquacoles norvégiens et islandais sous label biologique. L’intégration de ces règlements devrait favoriser une augmentation de l’élevage de saumons biologiques en Islande alors que les demandes de permis de pisciculture dans les Fjords de l’Est et de l’Ouest sont en hausse. La production issue de la pisciculture a triplé depuis 2010 pour atteindre 15 000 tonnes dont 8 000 tonnes de saumons et de truites arc-en-ciel en 2016. L’augmentation du nombre d’élevages de saumons est un sujet d’inquiétude pour les Islandais en raison des effets dévastateurs de la pisciculture sur le saumon sauvage.

Banque. La banque Arion (Arion Banki) et la société Kaupthing ehf ont annoncé le 19 mars que 29,18% des parts de la banque avaient été acquis par quatre gestionnaires d’actifs étrangers via des placements privés pour un montant total de 48,8 MdsISK (406,5 M€). La compagnie Kaupskil, détenue par Kaupthing ehf, reste l’actionnaire le plus important (57,9% du capital) devant l’État Islandais (13%), les fonds d’investissements Attestor Capital LLP et Taconic Captial Advisors UK LLP (chacun 9,99% des actions), la compagnie Sculptor Investment S.A.R.L (6,6%) et Goldman Sachs International (2,6%). Le Premier ministre, Bjarni Benediktsson, a déclaré que cette vente était la preuve de la confiance des investisseurs étrangers dans le système financier islandais. Néanmoins ce rachat d’une partie des actions d’Arion Banki soulève de nombreuses questions dans la presse islandaise, notamment concernant l’identité et les intentions des acquéreurs. L’Autorité de Supervision Financière Islandaise a d’ailleurs rappelé à Arion Banki qu’il est obligatoire de rendre public le nom des propriétaires de toute entité juridique possédant 1% ou plus des actions d’une société financière en Islande. Ces informations devraient être publiées dans les prochains jours.

Norvège

Croissance. La ministre des Finances norvégienne, Siv Jensen, a annoncé lors d’une conférence budgétaire le 14 mars une légère baisse de la projection de son ministère sur la croissance hors hydrocarbures du pays, qui passe de 1,7 à 1,6%. La ministre s’est félicitée de la remontée des prix du baril de pétrole, qui devrait préserver la Norvège d’une crise malgré la baisse plus importante que prévue des investissements de l’industrie pétrolière (-11,6%). Tablant sur un baril à 479 NOK (52,4 €), la ministre a présenté ses priorités pour le prochain projet de budget : une efficacité renforcée du secteur public et la création d’emplois.

Taux directeurs. Comme attendu, la Banque centrale de Norvège (Norges Bank) a annoncé mi-mars qu’elle laisserait ses taux directeurs inchangés à 0,5%, à leur plus bas niveau depuis maintenant un an. Dans un communiqué, le gouverneur de la Norges Bank, Øystein Olsen, a laissé entendre que l’évaluation des indicateurs économiques norvégiens devrait conduire au maintien des taux actuels. Si des signes de reprise sont aujourd’hui tangibles, notamment en ce qui concerne la croissance, la banque centrale s’inquiète de l’endettement élevé des ménages, ainsi que de la persistance de la bulle immobilière alors que l’inflation est moins importante que prévue, ce qui pourrait conduire à un rabaissement sans précédent des taux d’intérêt. Øystein Olsen se dit néanmoins confiant quant à une reprise de l’inflation aux taux actuellement en vigueur.

Salaires. Le patronat norvégien (NHO) et la confédération syndicale LO ont conjointement annoncé s’être mis d’accord sur une hausse des salaires horaires dans le secteur privé, à hauteur de 2,4%. La présidente de LO, Gerd Kristiansen, s’est félicitée de l’issue de ces négociations, qu’elle a qualifiées de « solidaires », puisqu’elles permettront aux salariés gagnant moins de 90% de la moyenne du secteur industriel d’être augmentés de 2 NOK, contre 50 centimes (« øre ») pour l’ensemble des employés du privé. Les membres du syndicat des agents d’entretien bénéficieront quant à eux d’une hausse de 3,5 NOK par heure. Les négociations pour le secteur public devraient s’ouvrir en avril et déboucher sur un accord avant le 1er mai.

Hydrocarbures. Comme chaque année, le gouvernement norvégien a annoncé par la voix de son ministre de l’Energie et du Pétrole, Terje Søviknes, la consultation publique sur la distribution de nouvelles concessions pétrolières. Ce 24ème round concerne 102 blocs : 9 en mer de Norvège, à l’ouest du pays, et 93 en mer de Barents, au nord. Cette décision d’attribuer de nombreuses concessions dans une zone controversée a provoqué la colère de plusieurs ONG et partis politiques, notamment Bellona et le parti libéral. Ce dernier a annoncé qu’il s’opposerait à ce 24ème round dont il estime qu’il est incompatible avec les objectifs climatiques que s’est fixé le pays.

Suède

Fonds de résolution des banques. La directive 2014/59/UE prévoyant l’introduction d’un dispositif de financement ex-ante pour la résolution est au cœur d’une polémique entre les banques et la ministre suédoise des Finances, Magdalena Andersson, qui a annoncé que les bases de calculs de la contribution des banques au fonds seraient prochainement revues à la hausse : la taxe sur les actifs concernés des établissements financiers passerait alors de 0,09% à 0,125% dès 2018. Ainsi, les 3,5 MdsSEK (soit 370M€) versés par les établissements financiers locaux au fonds de résolution en 2016 (dont environ 90% par les quatre grandes banques : 981 MSEK (soit 104 M€) par Handelsbanken, 807 MSEK (soit 85 M€) par SEB, 595 MSEK (soit 63 M€) par Swedbank et 545 MSEK (soit 58 M€) par Nordea) passeraient, à formule inchangée, à 7 MdsSEK (740M€) en 2017 sous l’effet des restructurations internes au sein de Nordea (pour mémoire, Nordea a transformé ses filiales nordiques autonomes en succursales juridiquement rattachées à la maison-mère suédoise le 1er janvier 2017). Si le nouveau projet était adopté, ces contributions s’élèveraient à 10 MdsSEK (soit 1,05 Md€) en 2018 et même à près de 13 MdsSEK (soit 1,4Md€) en 2019, soit respectivement 3 et 6 MdsSEK de plus que le modèle actuellement en place. Selon l’Agence de la dette (Riksgälden), le fonds de résolution représentait fin 2016 environ 2,4 Mds€, soit l’équivalent de 1,5% des actifs. La presse relève que ces montants coïncident avec les revenus de la nouvelle taxe bancaire que le gouvernement souhaitait imposer aux banques, mais à laquelle il a finalement renoncé devant l’opposition des milieux d’affaires. Nordea, la seule banque G-Sib de la zone, devrait être la plus touchée par ce nouveau dispositif : selon le CEO, Caspar Von Koskull, la contribution annuelle de la banque au fonds de résolution suédois passerait de 58 M€ en 2016 à près de 600 M€ en 2019 si bien que la direction de l’établissement songerait à relocaliser son siège social.

Inflation. L’inflation a atteint 1,8% en glissement annuel en février 2017 et l’inflation sous-jacente s’est élevée à 2%, soit le niveau le plus important depuis 6 ans. Toutefois, si l’on exclut la hausse des prix énergétiques, la progression sous-jacente se limite à 1,3%. Le gouverneur de la banque de Suède estime pour sa part qu’il ne faut pas prêter trop d’importance aux chiffres mensuels et que la cible de 2% ne sera sans doute pas atteinte durablement avant 2018. Un resserrement de la politique monétaire ne devrait donc pas intervenir avant l’année prochaine.

Fintechs. Finansinspektionen (le superviseur suédois des marchés financiers) et Vinnova (l’Agence nationale pour l’innovation) ont été mandatés par le ministère suédois des Finances et le ministère de l’Économie pour proposer ensemble des mesures législatives et technologiques qui pourraient faciliter le développement de nouveaux acteurs dans le secteur des fintechs. Finanspektionen et Vinnova examineront notamment la possible création de « testbeds » soutenus par des moyens publics.

Datacenters.
La Suède dispose aujourd’hui d’environ 150 datacenters sur son territoire d’une capacité installée de plus de 0,3 MW, dont le plus connu est celui de Facebook ouvert en 2013 dans la commune de Luleå, au nord du pays. Au 1er janvier 2017, la Suède a aligné le niveau de l’impôt sur les datacenters sur celui dont bénéficient déjà les industries intensives en électricité (taux réduit à 0,5 öre/kWh, soit 0,05 centimes d’€/kWh, au lieu de 0,29 öre/kWh si le datacenter est implanté dans le sud du pays, et 0,19 öre/kWh dans le nord). À l’origine, les datacenters d’une capacité inférieure à 0,5 MW n’étaient pas concernés par la réduction d’impôt. Le gouvernement propose désormais d’étendre cette disposition à tous les datacenters d’une capacité supérieure à 0,1 MW. Ces mesures font notamment suite à la publication d’un rapport par Business Sweden et le Boston Consulting Group qui estiment que dans les années à venir, les datacenters pourraient créer 30 000 nouveaux emplois dans le pays. De telles mesures permettent à la Suède de gagner en compétitivité face aux autres pays nordiques dans ce domaine, avec des tarifs d’électricité inférieurs à ceux de la Finlande et du Danemark.

Rythme de construction. Selon l’Institut suédois des Statistiques (SCB), 63 100 nouveaux logements ont été mis en construction en 2016 contre 47 209 en 2015, soit une augmentation du rythme de construction de 34%. La Suède n’a pas connu un rythme de construction aussi élevé depuis les années 1990.

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Revu par : Romain Saudrais (Conseiller financier)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (C. Bauduin, M. Valeur, M. Lallemand, V. Satgé), Helsinki (N. Mouy, T. Cardiel), Oslo (E. Gabla, A. Labaune), de l’ambassade de France en Islande (R. Girard) et du Service Economique Régional de Stockholm (F. Lemaitre, R. Saudrais, T. Charrier).

Dernière modification : 30/03/2017

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