La Quinzaine nordique n°129

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGÉnergie. Le Danemark arrive en tête du dernier classement publié par la Banque mondiale « Regulatory Indicators for Sustainable Energy » (RISE 2016) devant le Canada et les États-Unis. Ce classement porte sur 111 pays et inclut plusieurs critères : l’accès à l’énergie, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. Ce recensement vise à comparer les différentes politiques publiques mises en place dans le domaine de l’énergie ainsi que d’identifier les opportunités pour attirer les investissements. La Finlande se classe en 16ème position et la Suède en 18ème position. La Norvège et l’Islande sont absentes du classement.

Danemark

Industrie. Selon la presse, les syndicats et les organisations patronales seraient parvenus à un accord dans le cadre des négociations sur la prochaine convention collective de l’industrie. Pour la première fois, les partenaires sociaux ont accepté d’étendre la flexibilité du temps de travail à 42 heures par semaine afin de faire face à l’augmentation du volume de production. En contrepartie, le salaire minimum horaire brut augmentera de 5,2% d’ici 2019, passant ainsi de 113,65 DKK (14,45 €) à 119,65 DKK (15,22 €). Cette convention concernant plus de 230 000 salariés s’appliquera jusqu’en 2020.

Agence européenne des médicaments. La presse danoise a indiqué que l’ancien PDG de Novo Nordisk, Lars Rebien Sørensen, qui avait participé à la Conférence franco-nordique à Bercy le 28 novembre dernier, a été nommé « envoyé spécial » par le Ministre des affaires étrangères pour promouvoir le Danemark en tant que futur pays hôte de l’Agence européenne des médicaments (AEM). A l’instar de l’Autorité bancaire européenne, l’AEM se situe actuellement à Londres et devra déménager en raison du Brexit. Outre le Danemark, d’autres pays se sont portés candidats à l’accueil de l’AEM comme l’Espagne, la France, l’Italie, l’Irlande et la Suède.

Échanges bilatéraux. Selon les Douanes françaises, les échanges entre la France et le Danemark ont augmenté en 2016 et s’élèvent à 5,1 Mds€ (+3,1%). Les exportations vers le Danemark ont progressé de 3,7%, soutenues par la croissance des ventes de véhicules automobiles, de vins et de préparations pharmaceutiques. Les importations en provenance du Danemark ont également augmenté (+2,5%), concentrées dans les secteurs de la pharmacie, des motorisations électriques et les produits de la pêche. Le solde commercial reste excédentaire pour la deuxième année consécutive, avec 157 M€ d’excédent (+23,6% par rapport à 2015).

Réfugiés
. Selon une étude réalisée par la Confédération des Industries danoises (Dansk Industri), le nombre de réfugiés ayant intégré le marché du travail a progressé de 75% (de 4 100 à 7 200 personnes) pour la période s’étalant de mars à novembre 2016. 53% d’entre eux travaillent dans les trois secteurs suivants : le commerce de détail, les services à la personne (activités d’entretien et de nettoyage) et les activités de restauration. DI se félicite du succès de la convention tripartite signée le 17 mars 2016 entre les municipalités danoises, le gouvernement et les partenaires sociaux et dont l’objectif était de faciliter l’intégration des réfugiés sur le marché du travail. Ce succès s’explique en partie par la création d’emplois aidés et de stages permise par la convention et qui ont souvent abouti à une embauche.

Technologies de l’information. L’entreprise française Worldline, filiale du groupe Atos spécialisée dans les solutions de paiement numérique, a fait son entrée sur le marché nordique. Elle compte désormais pour clients SEB, Handelsbanken et la Danske Bank à qui Worldline fournira sa solution d’authentification 3D Secure. Cette arrivée sur le marché nordique intervient alors que Nets, principal concurrent de l’entreprise française dans la région, doit renouveler la majeure partie de ses contrats d’ici 2019. Worldline emploie plus 8 600 salariés dans le monde et a enregistré un chiffre d’affaires de 1,1 Md€ en 2015.

Lego. La fondation Lego cherche un nouveau directeur exécutif depuis l’annonce de la démission pour raisons personnelles de sa directrice, Hanne Rasmussen, en poste depuis 2015. Kasper Ottosson Kanstrup, actuellement vice-président de la fondation, assurera l’intérim. Pour mémoire, la fondation Lego fait partie des 10 plus grandes fondations actionnaires danoises et possède 25% du groupe Lego (la famille de Kirk Kristiansen détient les 75% restants).

Contrôles frontaliers. Selon le Ministre danois des Transports, Ole Birk Olesen, les contrôles d’identité à la frontière suédoise ont coûté 69,8 MDKK (9,4 M€) à DSB (homologue danois de la SNCF) en 2016. Ce coût s’explique principalement par l’augmentation des dépenses en personnel pour les contrôles à la descente des trains et par la baisse de fréquentation occasionnée par les contrôles à la frontière. DSB estime ces pertes à 56 MDKK (7,6 M€), dont une partie sera financée par la Suède.

Mærsk. Le groupe Mærsk a enregistré un chiffre d’affaires de 35,5 MdsUSD (33,6 Mds€) et une perte record de 1,9 MdUSD (1,8 Md€). Ces mauvais résultats sont imputables aux problèmes de surcapacité rencontrés par Maersk Supply Service, Maersk Drilling et Maersk Line. Pour sa part, Maersk Oil a réduit ses coûts d’exploitation de 36% et a réalisé un profit de 477 MUSD (451 M€). Selon la presse, Maersk Oil serait par ailleurs sur le point de signer un contrat avec la Société nationale iranienne du pétrole (NIOC) concernant la partie pétrolière du gisement offshore South Pars. Mærsk a également annoncé le départ de son président, Michael Pram Rasmussen, en poste depuis 14 ans. Il sera remplacé par Jim Hagemann Snabe (membre du comité depuis avril 2016).

Vestas. Selon FTI Consulting, Vestas a regagné sa position de leader mondial de l’éolien en 2016 (2ème en 2015). L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires record de 10,2 Mds€ (+22% par rapport à 2015) et un bénéfice avant impôts de 1,3 Md€ (+ 39%). Ces bons résultats sont notamment dus à la progression de sa part de marché aux Etats-Unis, qui est passée de 33% à 43%. Ce marché représente 41% des livraisons d’éoliennes de Vestas en 2016. Pour 2017, l’entreprise a décidé de renforcer son développement en Chine et en Inde.

Carlsberg.
Le chiffre d’affaires de Carlsberg continue de progresser : il s’élève à 62,6 MdsDKK en 2016 (8,4 Mds€) avec un résultat net positif de 4,9 MdsDKK contre -2,9 MdsDKK en 2015 (657 M€ contre -389 M€).

Industrie éolienne. Siemens Wind Power a annoncé son intention de fermer son usine de pales d’éoliennes dans la ville d’Engesvang et de licencier 430 personnes. Cette décision s’expliquerait par le fait que l’usine ne puisse produire des pales de plus de 80 mètres, très demandées sur le marché, et qu’un d’agrandissement de l’usine n’ait pas été envisageable.

Mer du Nord. Selon la presse, A.P. Møller-Mærsk et Dong Energy négocieraient actuellement une possible fusion entre les divisions pétrolières des deux groupes. Le PDG de Dong Energy s’est récemment déclaré être plus ouvert à l’idée d’une fusion plutôt qu’une vente. Dong serait également entré en discussion avec d’autres acheteurs potentiels. Malgré les synergies possibles entre les deux groupes, notamment sur le plan fiscal, la concrétisation d’une fusion entre les divisions pétrolières des deux groupes reste très incertaine.

Finlande

Terrafame. L’entreprise minière Terrafame a annoncé l’entrée à son capital, à hauteur de 15,5%, de Trafigura, la multinationale singapourienne de négoce en matières premières. Cette prise de participation ramène la part de l’État finlandais au capital de Terrafame à 84,5%. Depuis la liquidation judiciaire de Talvivaara Sotkamo Oy, l’entreprise publique qui exploitait la mine de nickel et de zinc de Sotkamo, et la création en août 2015 de Terrafame Oy, l’État finlandais a financé à hauteur de 700 M€ l’exploitation de cette mine qui a été marquée par des accidents et des dommages environnementaux importants, dans un contexte de baisse du cours des matières premières. L’apport en capital de Trafigura et les financements apportés par son fonds d’investissements Galena permettent au total de mobiliser 250 M€. L’État finlandais considère que la remise à niveau des activités de la mine de Sotkamo pourra ainsi être menée à bien sans nouvelle injection de fonds publics. Les accords conclus prévoient qu’une part importante de la production de Terrafame sera en contrepartie commercialisée par Trafigura. L’opération a néanmoins suscité des critiques en raison des nombreux contentieux environnementaux auxquels Trafigura a été associée par le passé.

Conjoncture. L’agence de notation Fitch a récemment annoncé maintenir la note souveraine de la Finlande à AA+, considérant les perspectives économiques du pays comme stables. Elle prévoit ainsi une croissance de 1,2% en 2017, contre 1,5% en 2016. Selon Fitch, le ralentissement de la demande intérieure cette année ne sera que partiellement compensé par la reprise de la croissance des exportations, qui devraient être plus dynamiques en partie grâce à la solidité de la demande adressée à la Finlande par d’importants marchés tels que l’Allemagne.

Chômage et emplois non-pourvus. Selon les données publiées par Statistics Finland (Tilastokeskus), le nombre de demandeurs d’emploi atteint 242 000 en janvier 2017, soit un niveau quasiment stable (-0,9% en glissement annuel), soit un taux de chômage de 8,6%. Parallèlement, le nombre d’offres d’emploi non-pourvues au quatrième trimestre 2016 a augmenté de 21% en glissement annuel pour s’établir à 26 400. Les principaux secteurs où les postes non-pourvus augmentent sont le commerce de détail (+3 700) ainsi que la construction (+1 100). Ces chiffres illustrent le dynamisme de la consommation privée et de l’investissement immobilier ainsi que les difficultés d’appariement qui caractérisent le marché du travail finlandais, liées notamment aux disparités géographiques et aux freins à la mobilité des demandeurs d’emploi. Ainsi, à la fin du 4ème trimestre 2016, 10 100 emplois n’étaient pas pourvus à Helsinki contre 5 700 dans le Nord-Est de la Finlande.

Finances publiques. Le ministère des Finances vient de publier un rapport sur les perspectives des finances publiques dans lequel il met en garde contre le risque de non-respect des objectifs budgétaires et économiques du programme du gouvernement, qui prévoit notamment la réduction des dépenses publiques d’1 Md€ et l’augmentation du taux d’emploi à 72%. Selon le rapport, ces objectifs pourraient ne pas être atteints d’ici à 2019 tandis que le déficit de l’État pourrait s’éloigner de la trajectoire fixée. La présentation en avril prochain des programmes de stabilité et de réforme dans le cadre du semestre européen pourrait être l’occasion pour le gouvernement de présenter de nouvelles mesures visant à renforcer la soutenabilité des finances publiques.

Tourisme. Selon Tilastokeskus, le nombre de nuitées passées par des touristes étrangers dans des établissements d’hébergement finlandais s’est établi à 5,8 millions en 2016, soit une hausse de 4,6%. Si le nombre de touristes en provenance de Russie recule de façon significative (-10,9% par rapport à 2015), le nombre de nuitées passées par des touristes chinois a crû de 27,2% pour s’établir à 231 000. Les visites de Suédois, d’Anglais et d’Allemands restent elles relativement stables, tandis que les pays d’Europe du Sud enregistrent des taux de croissance significatifs, avec +9% pour l’Italie et +18% pour l’Espagne.

Politique de recherche et d’innovation. Selon un rapport provisoire de l’OCDE sur la politique de recherche et d’innovation en Finlande, les dépenses en R&D devraient être davantage centrées sur les PME et sur les secteurs à plus forte valeur ajoutée. L’orientation de ces financements vers la création d’innovations exportables pourrait stimuler le secteur industriel finlandais, ce qui contribuerait à la reconquête de parts de marché perdues entre 2009 et 2015. D’un point de vue organisationnel, la mise en place d’instituts de recherche plus importants et regroupant les petites entités existantes bénéficierait à l’innovation. De la même façon, les interactions entre la communauté scientifique et le milieu entrepreneurial pourraient être renforcées afin de susciter davantage de programmes de coopération scientifique. La version finale de ce rapport d’analyse devrait être publiée en juin 2017.

Islande

Prévisions de croissance. Statistics Iceland a revu légèrement à la baisse ses prévisions de croissance pour 2017 à 4,3% (contre 4,4% précédemment) et laissé inchangées celles portant sur 2018 à 3,0%. La consommation privée et l’investissement resteraient les deux principaux moteurs de la croissance cette année et progresseraient respectivement de 5,9% et 12,6%. D’après l’institut statistique national, la croissance a atteint 5,9% en 2016, également sous l’effet d’une demande interne dynamique.

Grève des pêcheurs. La grève des pêcheurs qui dure depuis plus de deux mois a finalement pris fin dimanche 19 février après que les représentants des pêcheurs et des armateurs ont trouvé un accord la veille. Il a été voté et adopté par les pêcheurs à une faible majorité, 52,4% des voix, avec une participation de seulement 53,7% des pêcheurs éligibles. La grève a soulevé un vif débat dans la presse locale : les représentants des armateurs islandais ont exercé des pressions auprès de la Ministre de la Pêche et de l’Agriculture, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, pour que le gouvernement intervienne et exempte d’impôt une partie des salaires des pêcheurs réservée à l’achat de la nourriture pour les excursions en mer, demande à laquelle la Ministre a refusé d’accéder. Les armateurs refusent de payer la nourriture des pêcheurs sur le bateau, ce qui représente un point de désaccord majeur entre armateurs et pêcheurs. Ces deux mois de grève ont eu non seulement un impact sur les pêcheurs et les armateurs, mais aussi sur les employés des usines de traitement du poisson et plus globalement sur les recettes du gouvernement islandais et des municipalités rurales. Cette grève aura coûté plus de 2,5 MdsISK en impôts non collectés par l’Etat (soit environ 21,4 M€) et 1 MdISK pour les municipalités (soit plus de 8,5 M€).

Environnement. Selon le rapport publié le 13 février par l’Institut des Études Économiques de l’Université d’Islande (Hagfræðistofnunar Háskóla Íslands), l’Islande ne sera pas en mesure de respecter les obligations en matière d’émission de GES pour lesquelles elle s’est engagée lors de la signature de l’Accord de Paris. Elles ont augmenté de 26% entre 1990 et 2014, soit 15% net si l’on prend en compte la séquestration d’une partie du carbone et augmentent dans l’ensemble des secteurs de l’économie islandaise, à l’exception de la pêche, qui a réduit ses émissions de 43%, et de l’agriculture, qui a diminué ses émissions de 4% par rapport à 1990. Les auteurs du rapport estiment qu’en 2030 les émissions de gaz polluants auront augmenté entre 53% et 99% par rapport à 1990. L’institut des Études Économiques propose dans son rapport 30 mesures visant à réduire des émissions, avec notamment l’intensification des méthodes de capture et de séquestration de carbone et l’électrification de la flotte des voitures. Afin d’atteindre les objectifs de 2030, à savoir une réduction de 40% des émissions de GES par rapport à 1990, la séquestration de carbone devra être quadruplée. La Ministre de l’Environnement et des Ressources Naturelles, Björt Olafsdottir, a déclaré que les ministères étudiaient à présent les différentes mesures à prendre pour respecter les objectifs de 2030 fixés par l’Accord de Paris.

Norvège

Fonds souverain. La Première Ministre Erna Solberg et la Ministre des Finances, Siv Jensen, ont annoncé jeudi 16 février une réforme de la « fiscal policy rule » qui définit les règles de gestion du fonds souverain norvégien alimenté par les revenus pétroliers. Les deux principales mesures proposées sont l’augmentation du taux maximal d’actions dans le Fonds (qui va être porté à 70 %, le taux actuel étant de 62,5%, les investissements du fonds se partageant entre actions, obligations et immobilier) et la diminution du taux réel de retour sur investissement « estimé », qui passe de 4% à 3%. Ce taux équivaut mécaniquement au plafond des montants que le gouvernement peut puiser dans le fonds pour abonder son budget, la logique étant que l’État ne peut ponctionner le fonds qu’à hauteur des intérêts que ce dernier rapporte. Cette proposition sera présentée au Parlement le 31 mars prochain.

Norwegian. La compagnie Norwegian a annoncé avoir réalisé un bénéfice net annuel de plus d’1,1 MdNOK (128,5 M€) contre 246 MNOK en 2015. Ces résultats seraient principalement dus aux efforts réalisés par la compagnie pour maximiser ses capacités (nombre de sièges disponibles par km, ASK en hausse de 18%, taux de remplissage des avions de 87,7% en progression de 1,5 point). Les résultats de la compagnie aérienne ont presque quintuplé entre 2015 et 2016 alors que le chiffre d’affaires progressait de 16%. Norwegian va par ailleurs réceptionner 32 nouveaux appareils en 2017. La compagnie devra s’employer à renforcer sa position en Amérique du Nord, son implantation aux États-Unis ayant provoqué la colère des syndicats de pilotes. Son ambition de relier l’Europe du Nord à l’extrême Orient est par ailleurs, à l’heure actuelle, contrariée par l’interdiction qui lui est faite de traverser l’espace aérien russe, l’autorisation n’étant accordée qu’à une seule compagnie par pays (aujourd’hui Scandinavian Airlines System, SAS).

Hydrocarbures. Les pétroliers Aker BP, Lundin et DEA ont annoncé avoir découvert un gisement important de pétrole en mer de Barents. Selon les trois groupes, ces ressources sont estimées entre 35 et 100 millions de barils équivalents pétrole. Pour rappel, les autorités norvégiennes estiment qu’au 31 décembre 2016, 48% des ressources du pays en hydrocarbures avaient déjà été exploitées. La production devrait se maintenir à son niveau actuel d’ici à 2030. Certains des plus gros gisements, comme Ekofisk, devraient selon les estimations être exploités jusqu’en 2050.

Éolien. Soucieux de diversifier ses activités depuis la baisse des prix du baril, le norvégien Statoil a annoncé avoir ouvert deux nouveaux champs éoliens au large de la Grande-Bretagne sur le gisement Dudgeon. Le PDG du groupe, Eldar Sætre, s’est félicité de cette opération, l’entreprise souhaitant se retirer de toute activité liée au charbon dans les prochaines années. Conformément à cette stratégie, Statoil se positionne sur le segment de l’énergie éolienne et a investi dans plusieurs champs dans les eaux britanniques et allemandes.

Tourisme. Le réchauffement des relations sino-norvégiennes, qui s’est traduit par la normalisation d’une relation mise en sommeil depuis 2010, devrait permettre au tourisme chinois de se développer en Norvège. Les prévisions du nombre de nuitées de touristes chinois pour l’année 2017 ont augmenté de 38%, contribuant à la progression attendue de 10% des nuitées de touristes en Norvège. Les Suédois arrivent en tête, suivis par les Allemands et les Britanniques.

Suède

Prévisions de croissance. La Commission européenne a laissé ses prévisions de croissance inchangées pour la Suède en 2017 et 2018, à respectivement 2,4% et 2,1%. La demande interne resterait le principal moteur de la croissance à laquelle le commerce extérieur contribuerait à nouveau positivement, mais faiblement. Après 4,1% en 2015 et 3,3% en 2016, la Commission explique le ralentissement de la croissance en Suède par la décélération de la consommation publique, en lien avec la réduction des dépenses relatives à l’accueil de réfugiés dont le nombre a chuté de 160 000 à 30 000 entre 2015 et 2016, et par le ralentissement de l’investissement dans la construction de logements.

Politique monétaire. La banque centrale suédoise (Riksbank) a laissé inchangé son taux d’intérêt de référence à -0,5% et maintenu son programme d’assouplissement quantitatif, tout en confirmant qu’elle pourrait encore assouplir sa politique « si la tendance à la hausse de l’inflation était menacée et si la confiance dans l’objectif d’inflation était affaiblie ». Le taux directeur de la banque centrale est désormais situé en territoire négatif depuis plus de 2 ans en Suède. Le comité exécutif de la banque a également prolongé le mandat de la banque centrale pour intervenir rapidement sur le marché des changes jusqu’en octobre 2017, dans le cas où une appréciation trop forte de la couronne pèserait sur les anticipations et les prévisions d’inflation.

Commerce extérieur. La Suède enregistre en 2016 son premier déficit commercial (échanges de biens) depuis 1982 (6,8 MdsSEK, soit 0,7 Md€), avec des importations qui progressent de 2,9% et des exportations en hausse de 1,1%. Les échanges extérieurs de la Suède devraient rester excédentaires en intégrant les échanges de services (publication des résultats en mars) ; ce premier – et léger – déficit des échanges de biens depuis 35 ans traduit néanmoins les difficultés croissantes du pays pour maintenir la compétitivité du Made in Sweden alors que l’excédent commercial affichait encore 144 MdsSEK (15 Mds€) en 2005 et 69 MdsSEK (7 Mds€) en 2010.

R&D. Selon l’Office suédois des statistiques (SCB), le montant global de dépenses en R&D a atteint 137 MdsSEK (14,5 Mds€) en 2015, soit 3,3 % du PIB, niveau inchangé par rapport à 2013. Les acteurs privés ont financé 69% de la R&D pour un montant de 95 MdsSEK (10 Mds€), tandis que le secteur public a financé 30% des dépenses (issus à 90% des universités et établissements de l’enseignement supérieur) et les associations à but non lucratif 1%.

Prix à la construction. Les données publiées par Eurostat pour l’année 2016 montrent que les prix à la construction en Suède sont les plus élevés de l’Union Européenne. Ils sont notamment 62% plus importants que la moyenne de l’UE et 35% plus élevés que la moyenne française. En Europe, seule la Suisse affiche un niveau de coûts plus élevé.

Iran. Le Premier Ministre Stefan Löfven s’est rendu en Iran accompagné par une délégation composée des dirigeants d’une vingtaine de grands groupes suédois parmi lesquels ABB, AstraZeneca, Ericsson, Sandvik, Scania, SEB, Tetrapak ou encore Volvo et d’agences publiques ou semi-publiques telles que Business Sweden (agence de promotion du commerce et des investissements), PTS (superviseur des postes et télécom), Naturvårdsverket (agence de protection de l’environnement), Trafikverket (agence en charge de la gestion des infrastructures de transports) et EKN (assurance-crédit export). Ce déplacement a donné lieu à la conclusion de 5 partenariats publics dans l’innovation, l’égalité des chances, les TIC, les transports et la R&D, et la signature de grands contrats (notamment pour le groupe Scania) pour un montant total s’élevant à 2,9 MdsSEK (soit plus de 300 M€).

Klarna. Le fournisseur de paiements suédois accélère son expansion internationale et vient d’acheter son concurrent allemand BillPay, surnommé le « PayPal allemand », pour un montant de 75 MUSD. Cette opération permettra à Klarna d’absorber les 12 millions de clients et les 5 000 commerçants utilisant à ce jour les services proposés par BillPay. La licorne suédoise, créée en 2005 par trois étudiants de la Stockholm School of Economics, compte désormais dans son réseau 65 000 commerçants et 45 millions de clients.

Matériel ferroviaire. SJ, compagnie ferroviaire nationale suédoise, a annoncé vouloir investir entre 9 et 10 MdsSEK (soit environ 1 Md€) dans la rénovation et le renouvellement de son matériel roulant. La compagnie souhaite acheter une trentaine de nouveaux trains à grande vitesse (pour un montant total estimé entre 5 et 6 MdsSEK, soit environ 580 M€) et investir dans la rénovation de ses trains de nuits (150 MSEK, soit 15,8 M€) et de ses trains grande vitesse de type X2000 (3,5 MdsSEK, soit 370 M€). Ce dernier point fait par ailleurs partie d’un plan plus large de rénovation du matériel roulant à grande vitesse initié il y a quelques années et qui devrait permettre la mise en circulation dès 2018 des premières rames rénovées.

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Revu par : Romain Saudrais (Conseiller financier)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Économiques de Copenhague (C. Bauduin, M. Valeur, M. Lallemand), Helsinki (N. Mouy, T. Cardiel), Oslo (E. Gabla, A. Labaune), de l’ambassade de France en Islande (R. Girard) et du Service Economique Régional de Stockholm (R. Saudrais, F. Lemaitre, T. Charrier).

Dernière modification : 22/03/2017

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