Conférence de presse conjointe de M. le Président de la République et M. Luiz Inacio Lula Da Silva Président de la République Fédérative du Brésil

Hôtel d’Angleterre – Copenhague Jeudi 17 décembre 2009

Lien vidéo

LE PRÉSIDENT –

Mesdames et Messieurs,

Le Président LULA et moi nous venons d’avoir une longue réunion de travail. Notre analyse de la situation, de la conférence, de ses enjeux, des risques qu’elle encoure, notre analyse est strictement la même. Et ce soir, nous vous disons tous les deux que nous souhaitons, que nous demandons une réunion de travail après le dîner à 22h30 ; et qu’à cette réunion de travail soit présent les principaux pays intéressés par la négociation de chaque région du monde.

Dans cette réunion de travail, le Brésil et la France, nous ferons des propositions qui tiendront compte du travail qui a déjà été réalisé, notamment par M. CUTAJAR et par John ASHE. Il ne s’agit pas pour nous de remplacer, mais de proposer un chapeau politique avec des principes politiques. Nous réservons d’ailleurs le contenu de ces principes pour la réunion de travail.

En vérité ce que nous voulons, le Président LULA et moi, c’est que la conférence de Copenhague soit un succès. Et pour qu’elle soit un succès, il faut passer à la vitesse supérieure, maintenant. Il n’est pas question dans notre esprit d’attendre tranquillement que recommence la session de demain sans que l’on mette à profit, cette nuit pour travailler en détail.

S’agissant du fond, le Brésil et la France ont déjà eu l’occasion de publier un texte qui est pour nous la base de travail. Simplement, ce que nous tenons à préciser, c’est que nous voulons pas retirer et le protocole de Kyoto et le texte de M. CUTAJAR, que tout ceci c’est une contribution au débat et que nous proposerons un chapeau général qui tiendra compte du travail qui a déjà été réalisé. C’est donc une initiative extrêmement importante et à cette initiative, je peux d’ores et déjà dire du côté européen qu’Angela MERKEL et Gordon BROWN sont naturellement avec la demande de cette réunion.

LE PRESIDENT LULA – Quand même, j’ai l’impression que le pessimisme qui s’est abattu sur Copenhague jusqu’à hier soir ou même jusqu’à aujourd’hui, il y a quelques d’heures, peut se transformer en optimisme, à Copenhague, si les Leaders peuvent avoir la maturité de comprendre le but de la réunion que nous sommes en train de proposer.

Vous qui suivez ces conférences internationales, vous savez comment elles ont lieu. C’est-à- dire que nos experts discutent pendant des mois, des années et lorsque tout va bien, les Leaders se retrouvent et donnent leur approbation. Mais quand cela ne marche pas, il faut que les gens qui ont été élus démocratiquement par le peuple de chaque pays assument le poids et aussi le bénéfice des choses que nous allons faire.

Il serait impardonnable pour l’humanité que nous gâchions Copenhague. Peu importe ce qui a eu lieu jusqu’à présent. Nous souhaitons mettre à profit tout ce qui a été produit de bon, de positif et nous souhaitons donner un grand signal au monde, que nous sommes capable de faire une proposition qui puisse servir les intérêts de l’humanité et à l’intérieur de l’humanité, qui puisse faire vivre les pays les plus pauvres. Chaque pays, proportionnellement, va assumer les responsabilités qui lui reviennent.

Je pense que le Brésil et la France, qui avaient déjà prouvé ce souci. Dans le document signé par le Président SARKOZY et par moi-même à Paris, le mois dernier, le Brésil avait déjà pris une décision volontaire et cette décision volontaire a été approuvée par le Congrès du Brésil.

Cela s’est donc transformé en loi. Individuellement, il y a beaucoup de pays qui essayent, chacun à sa façon, de répondre aux attentes de leur opinion publique.

Je pense que cette proposition du Président SARKOZY de tenir une réunion après le dîner, où seraient représentés les principaux interlocuteurs régionaux, va permettre que nous puissions arriver demain en séance avec une proposition capable d’être approuvée. Si nous n’avons pas la compétence de réunir les Leaders et de prendre la décision, nous courons le risque de nous trouver sur une photo qui restera comme celle des dirigeants qui ont été incompétents, incapables de s’occuper de la planète terre, quand il était encore possible de le faire. Il va y avoir un moment ou il ne sera plus possible de le faire.

Donc, je pense que la présence du Président SARKOZY, des principaux dirigeants européens, d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie au cours de ce dîner va permettre que nous réussissions à faire une réunion et que nous prenions les décisions qu’il faut prendre.

L’unique chose que nous avons l’obligation d’empêcher, c’est que Copenhague se transforme en un échec, que nous sortions d’ici dans une situation encore pire que lorsque nous sommes arrivés.

Dernière modification : 17/02/2011

Haut de page